Les paramédicaux ont joint l’acte à la parole, en entamant hier une grève nationale de deux jours. La majorité des établissements de la santé publique ont été totalement paralysés, hier, par la grève des paramédicaux. Des piquets de grève et des sit-in ont été également observés dans l’enceinte des hôpitaux d’Alger et de toutes les wilayas du pays. Le président du syndicat algérien des paramédicaux (SAP), Lounis Ghachi, s’est réjoui de la «forte mobilisation» des paramédicaux. Il affirme que «rien que pour le premier jour, le taux de suivi du mouvement de grève est estimé à 75% à l’échelle nationale». Selon le responsable syndical, «le taux de participation à cette action de contestation a atteint 100% à Tizi-Ouzou et 87% à Béjaia. A Alger, tous les hôpitaux et centres de santé publique ont été carrément paralysés», a-t-il affirmé. Notre virée au CHU Mustapha Pacha confirme du reste les dires du syndicaliste. Le personnel paramédical de cet établissement hospitalier a observé le piquet de grève. Des dizaines de blouses blanches se sont rassemblées dans l´enceinte de l´hôpital. Le syndicaliste nous a expliqué : «Cette forte adhésion, enregistrée dès le premier jour de grève, est le signe de la détermination des paramédicaux à aller jusqu’au bout, pour faire aboutir leurs revendications, face à la dégradation alarmante de leurs conditions de travail». Notre interlocuteur dira s’attendre à une plus forte mobilisation au deuxième jour de ce mouvement de grève. Il soutiendra : «Si les paramédicaux ont eu recours à ce débrayage, c’est parce que les engagements du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière de prendre en charge leurs doléances n’ont pas été honorés jusqu’à présent». La corporation paramédicale ne compte nullement s’arrêter à ce stade, puisqu’elle menace d’observer une grève nationale de trois jours à partir du 15 janvier prochain. Les paramédicaux rencontrés sur le lieu du sit-in ont réitéré leur détermination à faire aboutir leurs revendications, consistant en l’application effective des acquis du statut particulier, c’est-à-dire «le rattachement de la formation paramédicale à l’enseignement supérieur (formation LMD), le respect du cahier des charges du ministère de tutelle et le respect des amendements apportés au statut, notamment le volet se rapportant au plan de progression de carrière». Ils réclament également «l’application des bonifications des postes supérieurs, telles que régies par les dispositions du décret exécutif portant promulgation du statut particulier de la corporation paramédicale, la revalorisation des gardes payantes et le règlement définitif des situations des cadres syndicaux sanctionnés abusivement».
L. O. Challal
