Le site historique et archéologique Tachachit, situé à proximité du village Crête Rouge (Taourirt Tazougaght) dans la commune d’El-Adjiba, ne bénéficie toujours pas d’une prise en charge adéquat pour le préserver. Laissé à l’abandon sans aucune protection, ce site risque de disparaître si rien n’est fait pour le revaloriser. Ce lieu qui est en fait des vestiges romains datant de l’époque de la présence de ladite civilisation en Afrique du Nord possède de véritables « trésors » archéologiques qui sont constitués de mosaïques, de poterie, de presses d’olives, de pans de murs, de pierres tombales sculptées. Brefs, tout ce qui indiquerait qu’il y avait là probablement un site aménagé par des vétérans de la légion romaine. Des études non appuyées ont été faites sur cet endroit mais rien de concret jusque là. Les vestiges sont laissés aux quatre vents sans aucune protection. «C’est malheureux que de constater le triste sort réservé à ce site d’une valeur archéologique inestimable. C’est un véritable musée à ciel ouvert qui nous fait voyager dans le temps à travers les vestiges romains. Le site ne bénéficie malheureusement pas de protection, ni d’études afin de déterrer et découvrir la vie que menaient des vétérans de la légion romaine, leurs familles ainsi que leurs ouvriers. Il est vraiment urgent de prendre en charge ce site avant qu’il ne soit détruit par les hommes et les aléas de la nature», préconise un habitant de la Crête Rouge. Il utile de signaler que les services de la direction de la Culture ont répertorié le site comme patrimoine archéologique. Il y a une décennie, il était même question de le restaurer et de le protéger. Mais depuis, le site est remis aux calendes grecques. C’est malheureusement le constat affligeant de tous les sites archéologiques et autres monuments à travers la wilaya de Bouira qui pâtissent de cette négligence et incurie. Excepté le Bordj Hamza de la ville de Bouira qui a bénéficié d’une opération de restauration ces dernières années, le tombeau de Tacfarinas d’El Hakimia et une grande partie des ruines de Sour El Ghozlane, ex-Auzia sont délaissés et livrés à l’abandon et à la dégradation. La seule ville de Sour El Ghozlane avec sa muraille, fortifications et ses fameuses portes, recèle un immense patrimoine mais qui tarde à être pris en charge.
Y. S.
