Selon le ministre du Commerce, le gouvernement travaille pour rétablir les équilibres économiques, notamment la balance des paiements, par l’augmentation des exportations hors- hydrocarbures.
«À fin 2017, c’est la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante qu’on a enregistré un déficit de la balance commerciale trois années consécutive. Donc, la situation est assez compliquée», a affirmé M. Benmeradi, lors de son intervention sur les ondes de la chaine III de la radio nationale. Selon le ministre, «le gel des importations pour 851 produits, n’est pas destiné à pénaliser le consommateur, mais c’est une décision dictée par la situation actuelle de l’économie nationale, où toutes les filières hors hydrocarbures présentent des balances commerciales déficitaires. » Ces produits font l’objet d’un suivi permanent par un comité de suivi et de sauvegarde de la production nationale qui reçoit quotidiennement, a-t-il soutenu, des requêtes de la part des départements ministériels et des opérateurs économiques. «Nous avons des filières qui tournent à 30 % de leur capacité et qui ont la possibilité grâce à ce dispositif de protection de monter en cadence», a noté M. Benmeradi. De ce fait, ce dernier a mis l’accent sur la nécessité de booster la production nationale, «pour faire la substitution à l’importation par la production nationale», a-t-il dit. Et d’ajouter : «Aujourd’hui, 80 % du chiffre d’affaire de notre industrie ce sont des importations. Donc, il faut à tout prix arriver à ce que l’économie s’intègre davantage. » M. Benmeradi a tenu à souligner que le commerce extérieur est dominé par le secteur privé. «Il est temps pour que l’État assure la régulation d’une manière présente», a-t-il plaidé. D’autre part, le ministre a noté que le système des licences avait «atteint ses limites», faisant état des avantages qui en ont été tirés, «mais beaucoup d’inconvénients. » Il s’agit des perturbations du fonctionnement de l’économie, provoquant des coupures dans les approvisionnements en intrants et des hausses de prix, se traduisant parfois par des ruptures d’activités. Des avantages, il a précisé que les produits soumis aux licences ont permis de baisser de 50 % le volume des importations. Par ailleurs, interrogé sur le phénomène de surfacturation, le ministre du Commerce dira : «Il existe. Nous sommes en train de former des gens pour essayer d’analyser au maximum les bases de données et de cibler les courants de fraude. » Pour ce qui est du système de subvention, le même responsable a estimé qu’il «n’est pas très juste car les subventions profitent à ceux qui n’ont moins besoin, et parfois à des entreprises et ne pas à des ménages. » «On est en train de travailler pour passer d’un système de subvention généralisé à un système plus ciblé», souligne M. Benmeradi.
Samira Saïdj
