Dans des rapports adressés au Secrétaire général du parti, les militants du FLN de Sour El Ghozlane et de Lakhdaria exigent le départ d’Omar Abed et d’Abdelkader Gaci, respectivement Mouhafedhs des deux localités citées.
Djamel Ould Abbès est ainsi interpellé en vue «d’intervenir en urgence pour éviter le pire au sein du FLN de Bouira», est-il indiqué dans les rapports dont nous détenons des copies. Les militants en question exigent le départ d’Omar Abed, Mouhafedh de Sour El Ghozlane et d’Abdelkader Gaci, Mouhafedh de Lakhdaria. Pour rappel, mercredi dernier, une bagarre avait éclaté au sein de la mouhafadha de Bouira entre militants. Ces derniers en sont arrivés à s’accuser et à se qualifier mutuellement de «baltaguias», chacun se revendiquait «militant de la première heure». «En plus nous avons enregistré des blessés dont Mme Djenane Zoubida et Fares Reghioui qui ont été frappés par des individus n’ayant aucun lien avec le FLN», indique un témoin de la scène. Celui-ci rapportera : «Cette réunion avait pour objectif d’installer le comité d’évaluation des différents programmes présidentiels exécutés depuis 1999 à ce jour, ainsi que les budgets de plus de 1000 milliards de dollars dépensés pour ces réalisations». Après ce tohu-bohu, et au lendemain de cette réunion avortée, les militants de trois mouhafadhas, à savoir celles de Lakhdaria, Sour El Ghozlane et Bouira, se sont réunis pour entériner le retrait de confiance à leurs mouhafedhs respectifs. C’est ainsi que le Comité central du FLN a été averti des «graves dépassements» enregistrés durant quelques mois, notamment au cours de la campagne électorale du 23 novembre dernier. Pour la localité de Sour El Ghozlane, sur près de 900 militants du FLN, 56 ont signé la pétition en plus des cachets de 13 associations entre organisations de moudjahidine et enfants de chouhada ainsi que quelques kasmas. Concernant la localité de Lakhdaria, pas moins de 6 kasmas se sont jointes aux 65 pétitionnaires pour demander le retrait de confiance au mouhafedh de la circonscription, avec les mêmes griefs retenus à leur encontre, à savoir «les résultats médiocres» obtenus lors du scrutin du 23 novembre dernier. Pour Abderrahmane Mokhtari, militant du FLN depuis 1974, il s’agit là d’une gestion «catastrophique», «en tant que militant sincère, avec 8 membres de ma famille tombés au champ d’honneur durant la guerre de libération nationale, je demande le retrait de confiance au mouhafedh de Sour El Ghozlane notamment à cause des résultats négatifs du 23 novembre dernier», dira-t-il.
«Ould Abbès devrait s’occuper des problèmes de sa base»
«à Sour El Ghozlane, le fief et la base vitale du FLN, jamais nous n’avons perdu l’assemblée communale ou l’APW depuis 1997. Le Mouhafedh de Sour El Ghozlane a profité de son statut pour écarter les véritables militants en imposant ses proches. Les candidats avaient presque tous le même nom», dira encore M. Mokhtari. Un autre militant de Sour El Ghozlane abondera dans le même sens : «Nous avons prévenu notre secrétaire général pour régler cette situation intenable qui porte préjudice au FLN ainsi qu’à tous ses militants sincères». Mme Djenane Zoubida, une des personnes blessées lors de la rixe de mercredi dernier, qualifie la situation d’ «intolérable». Elle dira : «Issue d’une famille révolutionnaire, j’ai été évincée du parti, ils ont remplacé les véritables militants par des voyous qui m’ont agressée, je dispose d’une incapacité de travail de 7 jours et j’ai personnellement déposé plainte contre mon agresseur que j’ai formellement identifié. Je demande au secrétaire général du FLN, M. Ould Abbès, s’il accepte qu’une femme militante soit agressée au milieu de responsables, au siège même du FLN, sous le regard des membres du bureau politique qui ont assisté passivement à l’agression !? Sa décision de garder ou d’exclure les coupables sera une réponse à ma question». Par ailleurs, plusieurs militants interrogés disent ne pas comprendre pourquoi des instructions ont été données par le secrétaire général du FLN pour établir une évaluation des réalisations des projets du président de la République au cours des différents mandats. «Pour nous c’est une aberration et c’est avec stupeur que nous constatons que l’Etat, avec tous ses appareils et moyens logistiques, ne peut faire une évaluation logique des réalisations des projets initiés par le président de la République. Pourquoi M. Ould Abbès a-t-il ordonné que cette évaluation soit faite par des militants de la base ? Il s’agit là d’un travail sérieux, nous ne pouvons pas réaliser une évaluation correcte en l’absence de statistiques et d’éléments fiables ! Il aurait mieux valu que le secrétaire général fasse une évaluation de la situation catastrophique qui prévaut au sein des kasmas de la wilaya de Bouira, afin de régler les problèmes profonds que nous rencontrons depuis plusieurs mois», estime un militant de Sour El Ghozlane. On apprendra par ailleurs que certains militants de Bouira seraient en train de rédiger une correspondance similaire pour demander «le retrait de confiance au Mouhafedh de Bouira et actuel sénateur, Slimane Ziane».
Hafidh Bessaoudi

