Hommage à Slimane Azem – Slimane Adil, membre de l’académie berbère

«Quand je suis reparti en France en 1968, j’ai rencontré Dda Slimane que je connaissais auparavant. J’assistais à toutes les fêtes qu’il animait dans les cafés ou ailleurs. Peu à peu, je devins membre de l’académie berbère grâce à Farid Ali. Dda Slimane était le premier artiste à avoir organisé des galas en France au profit de l’académie berbère. Je dirais que ses chansons sont conjuguées à tous les temps parce qu’elles sont valables toujours et en tout temps. Il était un grand philosophe et en même temps un fabuliste tout comme Jean de la Fontaine. Et il y avait beaucoup d’artistes dont Farid Ali, Slimane Azem et bien d’autres. Il me parlait toujours de l’exil et il a été touché en plein cœur. Il a été condamné pour rien. C’est une étiquette qu’on lui a collé. C’est un révolutionnaire et personne ne peut lui enlever cette qualité. Il l’a démontré même à travers ses chansons. Qui n’a pas écouté ‘Afagh ay jrad thamurtiw’ ? C’est une chanson qui lui a valu beaucoup de problèmes avec l’armée coloniale. Il n’était pas un traître. Et que ceux qui le taxent ainsi viennent et donnent des preuves. Sinon, qu’ils se taisent ! Un jour ou l’autre, cette condamnation sera levée et Dda Slimane sera réhabilité. Nous continuerons notre combat jusqu’à ce que la vérité éclate parce que ce grand homme ne restera pas banni même dans sa tombe. Et nous attendons de pied ferme tous ses détracteurs. Nous sommes sûrs que cette vérité va éclater», notera Slimane Adil.

Le parcours de Dda Slimane revisité

Le journaliste Amar Zentar et le militant de la cause amazighe Arab Aknine sont revenus sur le parcours de Dda Slimane. Ils n’ont non seulement étalé sa biographie mais aussi insisté sur ses qualités artistiques et humanitaires. En tout cas, les deux intervenants ont brossé son parcours comme il se doit. D’ailleurs, Amar Zentar est allé un peu plus loin en revenant sur son arbre généalogique et la condition de sa famille à l’époque, alors qu’Arab Aknine a fait une analyse des thèmes chantés par Dda Slimane en le comparant au grand poète Si Moh U M’Hand : l’exil, l’amour, la fidélité, la patrie et bien d’autres sujets aussi importants les uns que les autres. Cette conférence a été suivie par des centaines de personnes. En tout cas, ont-ils souligné, «son œuvre artistique ne peut être décortiquée le temps d’une conférence. » Arab Aknine a analysé pratiquement toute sa poésie et a fait part au public de son engagement dans la révolution avant, durant et après. C’est un patriote. Et les grands hommes ne meurent pas. Au terme de cet hommage, les organisateurs ont promis que le centième anniversaire de sa naissance sera fêté comme il se doit. Un rendez-vous tant attendu par le public.

A. O.