Les citoyens de la région d’Aïn El Hammam sont surpris de découvrir les réajustements tarifaires pour le transport public de voyageur, arrêtés par le ministère des Travaux publics et des transports. Dans une correspondance adressée à l’APC d’Aïn El Hammam, le directeur des Transports de la wilaya de Tizi-Ouzou porte «à la connaissance des propriétaires et usagers des moyens de transport public de voyageurs le réajustement tarifaire arrêté comme suit…». Sur la copie que nous détenons, on s’est astreints à certains calculs pour déterminer le coût d’une place de fourgon sur les trajets les plus couramment parcourus par les fourgons. Il ressort que sur une distance de 0 à 5 kilomètres, le prix du ticket ne devrait pas dépasser 20 dinars. Or, en réalité, les usagers paient respectivement 25 et 30 dinars vers l’hôpital (2 kilomètres) ou Tillilit (4 kms). Le déplacement d’Aïn El Hammam jusqu’à Larbaâ Nath Iraten (19 kms) revient à 60 dinars, alors que les tarifs officiels indiquent qu’entre 10 et 20 kilomètres, le voyageur ne doit s’acquitter que de 35 dinars. Concernant les grandes distances, il est indiqué un prix de 1,55 dinar le kilomètre. Ainsi, le ticket de transport pour les 50 kms séparant Tizi-Ouzou de l’ex-Michelet devrait couter 77,50 dinars, c’est à dire 80 dinars pour arrondir au chiffre supérieur. La grogne des citoyens suite aux augmentations anarchiques des prix du
transport, s’est manifestée en plusieurs endroits par des fermetures de routes. À Aït Yahia, la route nationale 71 a été fermée deux jours de suite, avant que les villageois de Tafraout ne soient appelés à une réunion de conciliation au niveau de la daïra d’Aïn El Hammam dont ils dépendent administrativement. Pour le moment, ils ont décidé de surseoir à leur mouvement. Démunis, les usagers du transport avouent qu’il n’est pas de leurs prérogatives de faire appliquer la loi. «C’est à la police ou à la gendarmerie de veiller au respect de la loi». Certains, plus pragmatiques, renvoient la balle à la direction des Transports qui doit, en collaboration avec le syndicat des transporteurs de voyageurs, trouver une solution qui ne pénaliserait aucun parti. Les transporteurs qui semblent faire fi des recommandations de la direction des Transports refusent de se conformer à la loi en appliquant seulement «leurs» tarifs. Personne ne se donne la peine d’afficher les tarifs officiels à la vue des voyageurs qui peuvent faire valoir leurs droits. Mais dans une corporation où la plupart des intervenants sont des fraudeurs, il est difficile de parler de légalité.
A.O.T
