La production d’olives de cette année est si importante que les paysans ne sont pas encore parvenus à bout de leur récolte qui n’a pourtant pas été perturbée outre mesure par les intempéries. Le mouvement matinal des paysans en direction de leurs champs n’est pas près de s’arrêter. Il durera encore longtemps, «tant qu’il y aura des olives à ramasser, nous descendrons. On ne peut pas laisser notre bien dans les champs», dira une vieille dame qui revient de son oliveraie à dos d’âne. La plupart des oliveraies se trouvent au bas de la vallée, à une dizaine de kilomètres du village pour certaines. De nombreux propriétaires possèdent des ânes ou de vieilles voitures russes, de type «Niva», qui reprennent ainsi du service, en cette saison. On entend venir de loin ces engins d’un autre temps qui peinent à grimper la côte menant au village. «Ces voitures remplacent les baudets qui ne sont d’ailleurs pas beaucoup moins chers. Et puis, on est à couvert en cas de pluie», disent leurs propriétaires qui n’en sont pas moins fiers, surtout qu’ils ne se sont pas ruinés pour les acquérir. Elles permettent le transport des personnes et des olives récoltées dans la journée, mettant les oléiculteurs à l’abri d’un éventuel vol de leur récolte. Ceux qui n’ont aucun moyen de transport, se rendent à pied à leurs oliveraies. On les voit, le matin, prendre la piste agricole, s’appuyant sur un bâton et ne rentrent chez eux qu’au crépuscule. Certains arrivent difficilement à marcher. Mais leur courage les poussera à reprendre le chemin de la rivière ainsi pendant des mois. Le rituel des va-et-vient des agriculteurs qui a commencé dès le mois de novembre, ne s’arrêtera qu’à la fin du mois de février ou au début du mois de mars. On constate «un retour vers les champs». Ils sont, en effet, de plus en plus nombreux les citadins qui sacrifient leur weekend pour se rendre dans les propriétés familiales pour ramasser les olives. Les vendredis, des véhicules immatriculés à Alger, Bouira, Boumerdès et ailleurs, sont garés sur les bords des routes, dès le début de la matinée. Aucune olive ne sera perdue, «si nous récoltons seulement la quantité d’huile nécessaire à notre consommation, nous pouvons être satisfaits», dira un propriétaire d’oliveraie venu de la capitale. Et de poursuivre : «On joint ainsi l’utile à l’agréable, en sortant dans les champs pour respirer l’air pur». Les cinq à six huileries de la région tournent à plein régime sans arriver à satisfaire tous les clients qui doivent attendre leur tour, parfois plus de quinze jours. Des centaines de sacs d’olives sont stockés dehors en attendant de passer sous les meules. Malgré toutes ces quantités d’olives triturées, le prix du litre d’huile n’a pas enregistré de baisse. Au marché hebdomadaire, il est toujours proposé à 650 dinars.
A. O. T.
