Anomalies ou malversations ?

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Le premier a trait à l’état des lieux d’avant les élections du 24 novembre et le second au bilan trimestriel des activités de l’APC. C’est la première fois qu’un maire parle publiquement de la gestion d’un autre maire, mêlé à des affaires «douteuses», en se référant à des documents authentiques, même s’il n’a pas cessé de marteler qu’il n’est pas venu pour faire le procès d’un tiers, et que l’objectif est d’instaurer une communication avec une population qui ne voit plus le bout du tunnel. Son intervention était un véritable réquisitoire qui n’attendrait que la sentence judiciaire. Abordant la première partie de la rencontre, le premier responsable de l’Hôtel de ville Mohamed Miraoui (FFS), n’a pas lésiné sur les mots pour lever le voile sur les «malversations» entreprises par l’ancien dirigeant qui l’a précédé.«Il y avait une porte blindée qui séparait la population de ses élus, mais nous l’avons supprimée», dira d’emblée le maire, qui a fait remarquer que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la volonté de son exécutif d’informer la population sur tout ce qui se passe, dans la transparence la plus totale. La première anomalie, que Miraoui a soulevé dans la gestion précédente est relative au parc communal d’une superficie de 7000 m2 cédé à un particulier pour 20 000 dinars le mois, alors que les charges d’électricité sont comptabilisées au compte de la collectivité. «Nous l’avons récupéré pour y projeter des équipements publics», dira-t-il.Un lot de terrain de 4000 m2 a été cédé à un privé pour la somme de 5000 dinars le mois. Un autre terrain d’une superficie de 1500 m2, abandonné a été récupéré pour servir de lieu pour le contrôle technique de véhicules, «il sera sous la direction de la DMI», souligne l’orateur. Ce dernier fait état, également de la disparition d’un lot de matériel appartenant à la collectivité locale. Il s’agirait d’une bétonnière, d’une photocopieuse, de quatre ordinateurs, d’un compresseur d’une remorque de tracteur et de deux citernes d’eau de 6000 litres. Il a relevé également ce qui s’apparente à un faux et usage de faux, «il y a des feuilles de registre de délibérations laissées à blanc, des rajouts dans des PV de délibérations, et des signatures sur des délibérations antidatées.» Le projet du parc aquatique n’a même pas fait l’objet d’une réunion de l’assemblée communale, «pourtant la délibération portant sa création existe ?», s’interroge-t-il. Le non-respect des démarches de la vente aux enchères et les irrégularités relevées dans les procédures des marchés publics sont des griefs maintenus contre l’ex- P/APC d’obédience FLN.L’administrateur qui a pris les commandes, juste après la dissolution des APC en Kabylie n’est également pas épargné des critiques acerbes du maire. Pour étayer ses propos, l’actuel chef de l’exécutif communal estime que la loi ne lui accorde pas de prérogatives pour signer des décisions et de contracter des marchés publics, pourtant l’actuelle équipe a découvert qu’une mystérieuse vente aux enchères a été effectuée. Deux véhicules de grandes marques, une goudronneuse et un lot de matériels ont été cédés pour la modique somme de 420 000 dinars.«Des grands “Monsieurs” ont eu leurs permis de construction dans un temps record. Ils ont déposé le 23 d’un mois, ils les ont récupérés le même jour, en dépit des réserves émises par la DUC», affirme M. Miraoui.La liste des anomalies, que le premier magistrat de la commune a énumérée, devant sa population était très longue. L’abattoir communal, indique-t-il encore, avec la chambre froide ont été cédés à un particulier le 18 du mois de novembre 2003, «mais le comble de l’ironie, c’est que ce particulier, très malin, a facturé au compte de la collectivité la chambre froide pour la somme de 45 millions de centimes.»En sus des projets abandonnés, à l’image des annexes, de la mairie et de la poste, Miraoui a évoqué des engagements pris par ses prédécesseurs sans qu’il y ait de montages financiers ou des consultations. La dette héritée par l’actuelle équipe est estimée à 13 milliards de centimes. «En trois mois nous avions pu payer 1 milliard», renchérit le maire. Abordant le second point à l’ordre du jour, le maire annonce la concrétisation de plusieurs projets, à l’image du centre de contrôle technique de véhicules, d’un CEM, d’une école primaire d’une crèche, d’un INSFP, d’une maison de jeunes et d’un cercle sportif. Quant au budget primitif de la commune de Draâ Ben Khedda, il est de l’ordre de huit milliards de centimes. Et de conclure en s’adressant à l’assistance : «Si vous voyez un de mes camarades s’emparer d’un lot de terrain ou d’un bien communal, il sera aussitôt dénoncé et jeté à la vindicte populaire».

M.Ait Frawsen

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