Le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest-Elargi) poursuit sa grève illimitée qui est aujourd’hui à son huitième jour. Et le mouvement tend à se durcir et à s’élargir, selon le chargé de communication du conseil qui avance un taux de suivi de 72% au niveau national. Dans le secondaire, le taux est de 83%, dans le moyen, il est de 62%, alors que dans le primaire il est de 30%, affirme Messaoud Boudiba. Hier encore, les élèves des trois paliers n’ont pas rejoint leurs classes et le responsable affirme que «seule la satisfaction des revendications mettra un terme à cette grève illimitée». Ni la menace de ponctions sur salaires et de radiation brandie par la tutelle ni la décision de la justice n’ont dissuadé les enseignants de poursuivre leur action. La politique d’intimidation, selon les syndicalistes, n’a fait que «renforcer la détermination des professeurs à continuer leur mouvement jusqu’à satisfaction de leurs revendications». «Tant que les revendications des professeurs de l’enseignement secondaire et technique ne seront pas prises en charge par la tutelle, le mot d’ordre de grève illimitée sera maintenu», a martelé la même source. Un bras de fer qui risque de durer, puisqu’aucun terrain d’entente entre les deux parties (CNAPESTE-MEN) ne semble se profiler à l’horizon. Interrogé sur la réaction des partenaires sociaux signataires de la Charte d’éthique du secteur de l’Education nationale qui ont indiqué dans un communiqué que cette grève était «injustifiée», Messaoud Boudiba estime que c’est un «non-événement».
Benghabrit menace
les grévistes de radiation
Pour la ministre de l’Education, la grève illimitée initiée par le Cnapeste, porte préjudice au principe d’équité qui est, selon elle, l’un des principes du système scolaire. La ministre, dans un entretien accordé à TSA, A averti que «les enseignants qui poursuivront la grève risqueront la radiation», affirmant que les revendications contenues dans le PV numéro 15, évoqué par le syndicat, «ont été satisfaites». Concernant la levée des ponctions sur salaires, Mme Nouria Benghabrit a affirmé : «Ce ne sera pas possible, parce que les ponctions salariales ont été appliquées comme cela se fait pour toutes les catégories de travailleurs à travers tout le territoire national». Il faut rappeler que le ministère de l’Education nationale avait tenu, le dimanche 28 janvier, une réunion avec le bureau national du Cnapsete, sans qu’aucun accord ne soit trouvé, concernant les revendications soulevées. Il s’agit, entre autre des points liés au «respect des engagements contenus dans les procès-verbaux signés par le syndicat et la tutelle au niveau national et de wilaya, notamment en ce qui concerne la régularisation de la situation des personnels occupant des postes en voie de disparition, la médecine du travail, l’actualisation de la prime de zone pour le travail dans le sud, le logement et les promotions », sont entre autres les raison qui ont anticipé cette action. Le CNAPESTE exige également l’annulation des mesures de retrait sur salaire à l’encontre des enseignants grévistes.
L. O. Challal
