Un conseil national du Conseil national de l’enseignement supérieur (CNES) s’est tenu durant deux jours (23 et 24 mars ) à Tizi Ouzou pour adopter une stratégie de riposte et des actions à entériner pour acculer la tutelle à prendre en charge les revendications du corps enseignant universitaire. Soixante-seize délégués régionaux du CNES, représentant 39 universités et centres universitaires, se sont regroupés hier à l’auditorium de l’université Mouloud-Mammeri pour débattre de trois points inscrits à l’ordre du jour. Le premier a trait à l’évaluation de l’impact de la grève d’une semaine, du 25 février au 3 mars, enclenché par le CNES à l’échelle nationale, et qui a eu un franc succès en dépit de l’interdiction émanant de la justice. Concernant ce point, les débats ont été axés sur les motivations ayant poussé le coordinateur national Ali Boukerroura à envoyer la veille du débrayage un document faisant écho de la décision de la justice, ainsi que le plan organique. Contacté, le coordinateur de wilaya Malik Rahmani a déclaré que les travaux seront sanctionnés par une déclaration du renouvellement de confiance au coordinateur national, «nous avons abordé la question de renouvellement de confiance aux instances actuelles du CNES», a affirmé l’orateur. Les représentants des universités auront à débattre des modalités à entreprendre pour l’action du blocage des examens pour le mois de mai. «L’action de la grève des examens sera étudiée minutieusement», a souligné le coordinateur. L’on se souvient, au terme de la grève d’une semaine, des propos de ce même coordinateur qui a déclaré «l’administration qui s’intéresse uniquement au flux des étudiants et aux statistiques humaines redoute cette action. » Cette opération, si elle venait à se concrétiser, risque de mettre dans l’embarras la tutelle, avec l’arrivée des nouveaux bacheliers. «Les travaux pourraient s’étaler jusqu’à une heure tardive le soir, voire 21 h 30», ajoute encore notre orateur, notamment dans les débats relatifs aux perspectives. S’agissant des différentes préoccupations des enseignants, le CNES a déposé une plate-forme de revendications dont il est question, notamment du statut de l’enseignant chercheur, le problème du logement, la revalorisation des salaires, la démocratisation dans la gestion des affaires de l’universités à travers l’élection des doyens et des chefs de département, ainsi que la préservation des libertés syndicales. Le coordinateur de Tizi Ouzou a conclu : «Nous sommes entrain de surmonter nos petites querelles pour focaliser la réflexion sur les stratégie à adopter pour la grève des examens. » Les travaux du CNES organisées à Tizi Ouzou risquent de s’étaler jusqu’à aujourd’hui où une déclaration finale sera rendue publique sur les décisions entérinées. Quoi qu’il en soit, les enseignants des différentes universités du pays semblent déterminés à tenir le taureau par les cornes. Reste à savoir qu’elle sera la réaction de la tutelle.
M. Ait Frawsen
