Le baril de « light sweet crude » pour livraison en mai, a pris 2,14 dollars à 63,91 dollars, au plus haut depuis le 6 février, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). A Londres, sur l’Intercontinental Exchange (ICE), le baril de Brent de la mer du Nord a avancé de 1,77 dollar à 63,27 USD. Pourtant les choses étaient tout autre, mercredi dernier. L’annonce d’une baisse généralisée des stocks aux Etats-Unis avait été reçue avec sérénité, les cours ayant même clôturé en baisse. Mais le lendemain, le marché s’est à nouveau inquiété de l’offre d’essence alors qu’approche la haute saison des déplacements en voiture aux Etats-Unis. Le gallon (3,78 L) d’essence a pris plus de 9 cents sur le Nymex à 1,8161 dollars. « Malgré les prix élevés de l’essence, la demande est toujours à un niveau impressionnant », a réagi un analyste. La demande du carburant sur les quatre dernières semaines reste supérieure de 1,6% à celle d’il y a un an, selon les chiffres du ministère américain de l’Energie (D. E) publiés mercredi. Les stocks de carburant se situent pourtant dans la fourchette haute de la moyenne pour cette période de l’année. Mais « plutôt que le niveau des stocks, c’est la production, ou plutôt les spéculations que la production pourrait être insuffisante pour répondre à la demande, qui est le facteur déterminant pour les prix », a expliqué un autre analyste. Plusieurs raffineries américaines endommagées par les cyclones Katrina et Rita l’été dernier (région du golfe du Mexique) n’ont toujours pas redémarré leurs opérations, et risquent d’être toujours à l’arrêt lorsque la haute saison commencera en mai. De plus, de nouvelles normes environnementales sur la composition de l’essence entreront bientôt en vigueur aux Etats-Unis, et le marché craint qu’elles ne ralentissent la production et ne provoquent des pénuries locales. En outre, le marché restait aussi préoccupé par les troubles au Nigeria et les tensions autour du dossier nucléaire iranien, actuellement étudié au Conseil de sécurité de l’Onu. Par ailleurs, le gaz naturel a pris près de 28 cents par MBtu (British Thermal Units) à 7,3280 dollars. Le D. E a fait état jeudi d’un nouveau recul des stocks de gaz la semaine dernière.
R. N et AFP