L’hôtel du Lac et l'ex-usine Sonipec laissés à l’abandon

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Deux importantes structures pouvant résorber le chômage qui sévit à Kherrata se trouvent, malheureusement, fermées donnant une image de désolation. Le premier magistrat de cette commune historique multiplie les appels.

L’unité ex-Emac ou Sonipec, spécialisée dans la fabrication d’articles en cuir (cartables, sacoches) a ouvert ses portes en 1976. D’une superficie de 5 ha, elle était, jadis, le fleuron de l’industrie locale et la fierté de la région de Kherrata, à 60 km de Béjaïa, où elle employait environ 600 travailleurs. La Sonipec eut pour mission de subvenir aux besoins des Algériens en matière de chaussures et maroquinerie. Elle a toujours approvisionné en matières premières (cuir, synthétique) les autres manufacturiers, qu’ils soient étatiques comme l’entreprise d’habillement et chaussures de l’ANP, ou privés. Avec l’économie de libre marché et la signature du traité de libre circulation des produits et des marchandises avec l’Union Européenne, la crise a commencé à se faire sentir et l’usine a connu beaucoup de difficultés, notamment en ce qui concerne la vente et la commercialisation de ses produits. Suite à cette crise aigu&euml,; la décision de fermeture de cette infrastructure a été prise. Les travailleurs de la Smak, après 30 ans de sacrifices, se trouvent mis à la porte et livrés à eux-mêmes avec seulement une prise en charge de 24 mois. La sentence est tombée, le message émanant des holdings est impitoyable, annonçant la cessation d’activité pour des raisons économiques de tous les travailleurs, et ce, en date du 15 juin 2006. Depuis, cette usine est restée fermée et « oubliée des dieux ». Au mois de janvier 2017, le chef de l’exécutif de la wilaya M. Hattab a, pour rappel, effectué une visite sur site, aux locaux de l’ex-unité Sonipec de Kherrata, où il a souligné en substance «la nécessité de faire appel aux investisseurs privés désirant créer une unité industrielle dans le site où toutes les conditions sont réunies aussi bien avec ses 5 ha de superficie, que ses structures annexes. Ce ne sera qu’une opportunité pour la création d’un nombre important de postes d’emploi», a t-il déclaré. Cet appel du wali de Béjaïa n’a pas trouvé d’écho et c’est autour du maire de Kherrata, une année après (janvier 2018) de lancer un véritable appel aux investisseurs. Pour le premier magistrat de la commune de Kherrata Saïd Hamamine, cette structure économique doit impérativement retrouver sa vocation après une longue hibernation, et ce, pour le bien de la commune. «Nous demandons aux autorités compétentes l’affectation et l’utilisation de cette usine pour la jeunesse de cette commune», dira l’édile de Kherrata. Ce dernier argumentera cette demande par la crise d’emploi qui sévit dans sa commune. «Le taux de chômage est élevé dans notre commune, l’investissement et l’affectation de cette usine fermée depuis plus de 15 ans résorbera un tant soit peu le chômage qui frappe de plein fouet la région, et renflouera les caisses de la municipalité», table-t-il. Cela dit, les citoyens de Kherrata, dont 90% vivent dans la zone rurale, rencontrent des difficultés pour dénicher un poste d’emploi. Au chef-lieu communal, le taux de chômage est élevé obligeant ainsi les jeunes à aller ailleurs chercher un poste de travail, et ce, en l’absence de structures créatrices d’emploi. L’autre établissement abandonné, qui aurait pu être une autre source pouvant renflouer les caisses de la commune de Kherrata, c’est l’hôtel du « Lac » resté fermé depuis des années. Cette infrastructure hôtelière est située sur un site paradisiaque jouxtant le barrage d’Ighil Emda. Pour rappel, en décembre 2010, il y a eu fermeture de l’hôtel « Le Lac » de Kherrata (Béjaïa) pour «exploitation de l’établissement à d’autres fins, ce qui a engendré le retrait de l’autorisation de l’exploitation». Durant l’année 2012, une vingtaine d’associations locales, à caractère social et culturel, activant au niveau du territoire de la commune de Kherrata, ont même demandé aux services concernés la reconversion de l’hôtel du «Lac» en auberge de jeunes, mais en vain. L’hôtel du « Lac » situé en amont de la ville de Kherrata et qui, pour rappel, avait été loué depuis le 21 janvier 2004 à un exploitant privé pour une durée de 30 ans, a été fermé par les autorités compétentes. Depuis, cette structure hôtelière est livrée à l’abandon. Le maire de cette municipalité Saïd Hamamine qui ne veut en aucun cas rester les bras croisés, tente tant bien que mal depuis son investiture, de secouer le cocotier afin de donner un second souffle à sa municipalité. Cela dit, la mise en branle des deux structures fermées sera une bouffée d’oxygène pour la commune de Kherrata dans l’optique de la résorption du chômage qui constitue un lourd fardeau pour la collectivité.

Rachid Z.

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