BOUIRA – Un Conseil de wilaya consacré aux communes, hier à Bechloul – L’urgence de renforcer l’AEP soulignée

Les deux communes Haïzer et Taghzout, ainsi que les six communes de la daïra de Bechloul, avec El Esnam, El-Adjiba, Ath Rached, Ath Leqsar et Bechloul ont fait l’objet d’une attention particulière, hier, au cours d’un conseil de wilaya qui s’est tenu au niveau de la maison de jeunes de Bechloul.

Les maires de ces municipalités, malgré les consignes du wali visant à énumérer leurs besoins par ordre de priorités, et ce de manière rationnelle sans exagérer sur les projets pouvant être réalisés au cours de l’année 2018, ont dressé des tableaux peu reluisants de la situation du développement local dans leurs régions respectives. Le premier à passer à la tribune était le chef de daïra de Haïzer qui a détaillé les manques enregistrés à travers les communes dépendant de sa circonscription. Lui succédant, le maire de Haïzer notera que le secteur de l’AEP nécessite une enveloppe plutôt faramineuse pour répondre favorablement aux doléances des citoyens qui déplorent le manque d’eau potable : «Dans certains villages, l’eau parvient une fois tous les 10 jours en période estivale et nous préconisons le raccordement en AEP à partir du barrage de Tilesdit, ce qui pourra permettre une meilleure distribution dans les foyers», espère l’édile communale qui abordera par la suite le retard mis dans la réception du nouveau plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU), pourtant approuvé en août 2017. La Directrice de l’urbanisme, de l’architecture et de la construction (DUAC) interpellée sur ce retard, annoncera que le PDAU est bel et bien approuvé et qu’il sera envoyé la semaine prochaine au maire : «Il aurait fallu que les services de l’APC se rapprochent de notre direction pour le demander», déclarera la responsable du secteur. Remettant en cause les chiffres avancés par le chef de daïra de Haïzer à propos de la distribution en eau faisant état de 150 litres par jour et par habitant dans cette localité, M. Mustapha Limani, le wali de Bouira demandera des explications au directeur de l’hydraulique ainsi qu’au maire. Les chiffres donnés étaient en deçà de ceux avancés précédemment. Pour résoudre ces carences, des ouvrages tels des châteaux d’eau sont à prévoir en urgence, ainsi que la réfection de certaines canalisations.

9 cantines scolaires pour 14 écoles primaires à Taghzout

Pour la municipalité de Taghzout, l’intervention de son maire mettra en exergue le problème d’AEP que connaissent certains villages avec parfois «de l’eau une fois tous les 21 jours», et les villageois souffrent énormément. L’élu évoquera également la création de zone d’activités ou plutôt son extension avec les hangars de l’ex COPSEL qui ont été attribués, selon lui, «de manière floue» à un investisseur qui n’a toujours rien réalisé sur ce site. Ce qui pénalise d’autres investisseurs «sérieux», révélera le maire qui demandera à cette occasion de revoir l’attribution en question. Les logements d’astreinte des écoles, des logements toujours habités par d’anciens enseignants ou directeurs d’établissements, feront l’objet d’une requête officielle de l’édile communal qui souhaiterait récupérer ces logements pour les transformer en cantines scolaires : «Sur 14 écoles primaires, 9 disposent de cantines scolaires et l’ensemble des écoliers bénéficient de repas chauds. Cependant, nous les acheminons par transport pour qu’ils puissent se restaurer convenablement. Garantir restauration et transport au quotidien revient à la charge de l’APC et nous voulons récupérer les logements d’astreinte pour en faire des cantines, ce qui ferait faire des économies à l’APC», indique son premier magistrat.

La collecte des déchets ménagers pose problème à El Esnam

Le maire d’El Esnam commencera son intervention en déplorant le manque de moyens matériels pour la collecte des déchets ménagers. Une situation qui l’a contraint, dira-t-il, à recourir à l’entreprise Nadhif pour assurer cette tâche. Toutefois, les moyens financiers posent problème, surtout lorsqu’on sait que la station climatique de Tikjda relève de cette municipalité qui doit assurer la collecte des déchets même sur ces hauteurs enneigés à cette époque de l’année. Il demandera à ce qu’une benne-tasseuse lui soit octroyée pour mener à bien cette mission. L’aménagement urbain du boulevard principal d’El Esnam, le contournement de la RN05 pour éviter les encombrements, le revêtement du stade communal, l’électricité rurale dans la région de D’hous, le raccordement au gaz naturel pour certaines localités sont autant de demandes formulées par le maire. Il proposera également le projet phare d’El Esnam qui est la création d’une zone agroalimentaire dans cette région agricole par excellence.

Pour 2018, priorité à l’AEP et à l’assainissement

M. Limani Mustapha s’est longuement exprimé sur les doléances citoyennes exprimées par les membres de la société civile présents à ce conseil. Il exigera des maires de faire preuve de rationalité dans la gestion des budgets : «L’une de vos missions est de récupérer l’argent qui traîne dehors. Il y a beaucoup d’impôts que vous devez absolument recouvrer comme la taxe sur les ordures ménagères. Chaque dinar compte. Mais en échange, il faut une prestation de service convenable. Si le citoyen s’acquitte de cette taxe, la collecte des déchets doit se faire chaque jour à heure régulière. Par ailleurs, vous avez des locaux qui sont loués à des prix dérisoires, et il va falloir revoir ces prix. Idem pour les logements ou hangars que vous louez à des particuliers, faites vos délibérations et arrêtez des nouveaux montants de la location. C’est valable aussi pour les logements de fonctions des enseignants qui doivent s’acquitter d’un loyer, des quittances électriques, de l’eau et toutes les charges inhérentes à l’occupation des lieux. Je sais qu’il existe des directeurs d’écoles qui raccordent les logements de fonctions aux établissements avec la gratuité de l’électricité, du gaz, de l’eau et c’est l’APC qui paie. Ce n’est pas logique et ce temps-là est révolu. Je donne aujourd’hui une orientation aux P/APC, trouvez moi des terrains où l’on peut créer des zones d’activités, mais pas des terrains qui posent problème ou qui appartiennent aux Forêts ou faisant l’objet d’oppositions par des particuliers, ou ayant un gazoduc enfoui. Je veux un terrain prêt à recevoir une zone d’activité et avec ça on va essayer d’éradiquer le chômage. Au moins prendre en charge entre 10 et 20% de demandeurs d’emploi de la région et tous les recrutements doivent passer par l’ANEM. De manière générale, la situation n’est pas aussi catastrophique que vous le pensez. Les problèmes soulevés par les P/APC sont des problèmes réels, mais ils sont gérables. Avec un peu de méthodologie et de bonne volonté on y parviendra. J’exige une parfaite cohésion et harmonie entre les élus et l’administration et il faut impérativement impliquer la société civile. Pour les PCD, cette année nous donnerons la priorité à l’AEP, à l’assainissement et au revêtement des aires de jeux et stades qui ne disposent pas de gazon. Ce sont-là nos priorités. Si nous avons suffisamment d’argent, nous irons vers des projets de désenclavement, les routes… Sur le FCCL ou le budget de wilaya, nous essayerons d’arrêter un montant à réserver exclusivement au gaz naturel dans les localités où il n’est pas encore présent. Nous verrons avec le directeur de l’énergie et des P/APC comment agir selon leurs priorités, en attendant que le programme de l’Etat soit dégelé», conclura M. Limani.

Hafidh Bessaoudi