Plusieurs secteurs diversement touchés

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Pas de «marche-arrière» pour l’intersyndicale autonome de la fonction publique qui a mis, hier, sa menace d’une grève générale d’une journée à exécution. Ce mouvement de protestation a, donc, fortement perturbé plusieurs secteurs de la fonction publique, en premier lieu l’éducation nationale, la santé publique, l’administration, la formation professionnelle et quelques secteurs économiques. Des rassemblements de protestation ont été également observés à travers les 48 wilayas du pays. Ainsi, rien ne semble arrêter les protestataires qui continuent à rejeter la reforme du système des retraites. Ces derniers demeurent déterminés face à l’intransigeance des pouvoirs publics qui affichent un niet catégorique à leur requête. Les animateurs de ce mouvement de protestation ont, d’autre part, affiché leur satisfaction quant «à la forte mobilisation» des travailleurs de différents secteurs de la fonction publique. Le mot d’ordre de grève a été suivi différemment d’un secteur à un autre. A titre d’exemple, le secteur de l’éducation, déjà secoué par la grève illimitée du Cnapeste depuis le 10 janvier, a été aussi considérablement agité par cette grève entreprise par huit syndicats (Cla, Cnapest, Snapest, Satef, l’Unpef, Snte et Snccpes). Les organisateurs de cette action affirment que le taux de suivi varie de 70 à 100% au niveau national. Ainsi, ce sont surtout les enseignants qui ont été nombreux, hier, à répondre à l’appel de leur formation syndicale, paralysant sévèrement des établissements scolaires, tous paliers confondus. Côté établissements hospitaliers et polyclinique, la situation était la même. Instable depuis plusieurs mois, en raison de la grève illimitée des médecins résidents, le secteur de la santé a été touché par le mouvement du syndicat des praticiens de la santé publique. Le taux de suivi a atteint 75%. Le secteur de la formation professionnelle a été affecté avec un taux de suivi de la grève de 55%. Le syndicat national des travailleurs de la poste, pour sa part, a enregistré un taux de suivi de 23% au niveau national. «Le mouvement a été une réussite historique en dépit de la politique d’intimidation et de menaces auxquelles les grévistes ont fait face», a dénoncé l’intersyndicale. Le président du syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a déploré, quant à lui, le fait que «plusieurs médecins, qui avaient l’intention de se rassembler devant la wilaya d’Alger, ont été embarqués par les forces de l’ordre». De son côté, le porte-parole du conseil des lycées d’Algérie (CLA) a dénoncé «les agissements des éléments de la sûreté nationale qui ont interpelé plusieurs enseignants, alors qu’ils tentaient de tenir un rassemblement devant le siège de la wilaya d’Alger». «Pis encore, les cadre syndicaux ont été empêchés de se réunir au niveau du siège national de l’UNPEF», se désole le même interlocuteur. À noter qu’un important dispositif policier a été déployé, hier, dans plusieurs quartiers de la capitale, pour empêcher les travailleurs, issus de plusieurs secteurs de la fonction publique, de se rassembler. La coalition reste, cependant, déterminée à poursuivre la lutte syndicale, jusqu’à qu’il y ait une réponse favorable à leur plate-forme de revendications, qui date depuis plus de deux ans. Cette dernière tourne autour de «l’annulation de la réforme du système de retraite, la participation des partenaires sociaux à la préparation de la nouvelle loi de travail…». Les syndicats autonomes réclament également la révision de la grille des salaires et l’amélioration du pouvoir d’achat de tous les travailleurs.

L O Challal.

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