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Des fontaines se tarissent à Boudjima

Les fontaines de la commune de Boudjima se tarissent les unes après les autres. On ne s’en rend pas toujours compte, on ne s’en aperçoit qu’une fois qu’elles ont complètement disparu.

Des fontaines qui ont jadis ressourcé les voyageurs et les villageois qui allaient aux champs, ne font plus parti du décor de la commune aujourd’hui. Ces fontaines ne sont pas à l’intérieur des villages. Traditionnellement, chaque village en a une dans ses ruelles. Elle est réservée aux besoins des ménages. C’est d’ailleurs un lieu exclusivement destiné aux femmes qui s’y approvisionnent. Mais dans les alentours de ces villages, il y a généralement de nombreuses fontaines. Elles n’ont pas l’importance sociologique des premières mais elles rendent un service inestimable aux villageois et aux voyageurs. D’autres fontaines, situées loin des villages, servent les besoins des hommes qui vont loin dans les champs pour travailler ou paître les animaux. À Sahel, territoire fait de forêt et de plaine situé dans les communes de Makouda, Boudjima et Ouaguenoun, les fontaines se comptaient par dizaines. Aujourd’hui, une simple tournée à travers ces beaux paysages fait rendre compte que ces fontaines ont disparu. La majorité d’entre elles a complètement disparu alors que quelques unes ont été « avalées » par les denses forêts. On n’a plus accès à ces eaux limpides qu’on entend ruisseler sous les ronciers. Aujourd’hui, Tala N’Tova n’est plus là pour étancher la soif des voyageurs et des fellahs qui allaient dans les champs pour labourer en certaines saisons et faucher en d’autres. Cette fontaine située entre Boudjima et Ouaguenoun a été aménagée par les moudjahidine pendant la guerre de Libération. Au lieu de lui réserver une place de témoin d’une période phare de l’histoire, on l’a laissée en proie aux ronciers qui l’ont « agglutinée ». C’est le même sort qu’on a réservé à Taouint Ouguelou, Taouint N’Jerrou ainsi que des dizaines d’autres. Un pan de l’histoire est parti avec ces fontaines mais les chances de les ressusciter ne sont pas toutes perdues. Le renouveau agricole accompagné d’ouverture de plusieurs pistes sur ce territoire peut s’avérer une occasion pour la restauration de ces fontaines et leur aménagement. Pour se faire, un travail associatif des amoureux de ces fontaines doit accompagner celui des élus qui ne peuvent que suivre en leur donnant les moyens.

Akli N.

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