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Le prix de l’huile d’olive stable

Contrairement à ce qu’ils attendaient, les consommateurs ne voient pas encore le prix du litre d’huile d’olive amorcer une quelconque baisse. Pourtant, le rendement de cette année est aussi important que celui de l’an dernier. Certains oléiculteurs avouent même que la production de 2017/2018 pourrait dépasser celle de l’an dernier. Au marché de la ville, les vendeurs ambulants, qui viennent des wilayas voisines, n’ont pas effectué d’augmentations pour le moment, gardant le prix pratiqué l’an dernier, qui oscille entre 600 et 650 dinars. Les oléiculteurs locaux, quant à eux, refusent publiquement de baisser le prix à moins de 700 dinars, bien qu’en aparté, ils proposent leur produit à 650 dinars. Il faut reconnaître qu’avec la production de cette année et même de l’an dernier, les paysans se retrouvent dans l’obligation non pas de brader leur récolte mais de l’écouler, au risque de se retrouver avec des stocks invendables s’ils dépassent une année. Ils défendent à raison leur point de vue : «L’huile n’est jamais chère. Pour arriver à avoir ne serait-ce qu’une dizaine de litres, il faut travailler pendant plusieurs jours dans les champs. En sus de l’élagage et l’arrachage des mauvaises herbes pour préparer le sol, nous devons faire tomber les olives et les ramasser. Ce qui est loin d’être une sinécure». Un autre paysan affirme que «ce sont ceux qui ne connaissent pas les difficultés liées à l’oléiculture qui pensent que les agriculteurs exagèrent en cédant le litre d’huile à 700 dinars. Si nous passons plusieurs mois dans les olivaies, c’est pour tirer profit de notre sueur et non pour brader le fruit de notre travail». Les consommateurs, eux, ne s’embarrassent pas des conditions pénibles auxquelles les paysans font face. La loi de l’offre et de la demande est inexorable. Ils attendent la fin de la récolte pour voir se stabiliser les prix qu’ils espèrent en deçà du cours actuel. Pour le moment, de nombreux paysans continuent d’acheminer le produit de leur récolte vers les huileries où les sacs remplis à ras bord continuent de s’entasser par centaines, pour passer à la presse.

A. O. T.

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