Dans cet entretien, le directeur de l’action sociale de Béjaïa, M. Akli Benamara, revient sur les différentes missions de son secteur, notamment la prise en charge des personnes handicapées.
La Dépêche de Kabylie : L’opération d’enregistrement des familles nécessiteuses pour le Ramadhan 2018 a déjà commencé, n’est-ce pas ?
Akli Benamara : Effectivement, le recensement se fait par les bureaux communaux de l’action sociale qui soumettent leurs listes au contrôle. Donc, l’opération a commencé tôt pour permettre un travail efficace et toucher toutes les familles démunies et écarter d’éventuels fraudeurs. Nous commençons tout d’abord par inscrire les chargés de famille qui perçoivent l’allocation forfaitaire de solidarité (AFS), l’indemnité entrant dans le cadre du dispositif actif d’insertion sociale (DAIS) et les handicapés chargés de famille ainsi que d’autres jugés nécessiteux. Le chiffre tourne autour de 25 000 familles démunies. Pour elles, le Ministère réserve généralement pour chaque ramadhan une enveloppe de 12 millions de dinars, et la wilaya attribue aussi presque le même montant que le ministère. Il y a aussi la participation des APC, la contribution des affaires religieuses dans le cadre de la Zakat avec un montant avoisinant la vingtaine de millions de dinars, celle du Croissant rouge algérien et des bienfaiteurs à l’instar de Zizi et Boudiab qui donnent plusieurs milliers de couffins à eux deux.
Quel sera le montant qui sera alloué cette année ?
En plus donc des subventions que je viens de citer et des différentes contributions, nous donnerons le chiffre de 60 800 000 dinars qui sera le montant de la contribution des communes. Selon ce qui a été avancé par ces dernières, il y aura 26 communes qui dégageront le montant que je viens de déclarer, alors que les 26 autres ne mettront pas, officiellement, un sous. Il y aura probablement certaines d’entre elles qui réserveront une enveloppe spéciale mais elles ont préféré taire le montant malgré notre insistance pour avoir des chiffres fiables.
Pour ce qui est des restaurants Rahma, nous enregistrons quelque 32 restaurants ouverts par des particuliers et le mouvement associatif à travers toutes les communes de la wilaya. C’est presque toujours le même chiffre chaque ramadhan.
Vous assistez également les handicapés. De quelle manière et quel est leur nombre ?
Ils sont 22 000 selon nos chiffres. Avec sa multitude d’étiologies, l’handicap mental est en haut de l’affiche, suivi de l’handicap physique et, enfin, des non-voyant, malentendant et autres. La prise en charge institutionnelle se fait à Akbou, Seddouk, Timezrit, Béjaïa et Souk El Ténine et par le mouvement associatif pour le cas de l’AIMB de Béjaïa et DEFI d’Aokas, DEFI de Béni Maouche, APCE Autistes de Béjaïa, l’association des autistes du sahel et l’écho des handicapés de Tazmalt. Il faut souligner aussi la prise en charge dans le milieu de vie assurée par le mouvement associatif en collaborations avec les services de la direction de l’action sociale. En tout, il y a quelques 150 associations qui activent dans ce domaine d’assistance dont un tiers spécialement pour la prise en charge de cette frange de la société. Pour ce qui est des institutions étatiques, elles bénéficient d’un budget du ministère de la Solidarité nationale alors que les établissements gérés par le mouvement associatif, ils sont financés par des subventions de la wilaya et de la contribution de la caisse d’assurances sociales à concurrence de 800 dinars par jour et par personne.
Qu’en-est-il de l’application de la loi obligeant le recrutement de 1% à partir de la frange des handicapés ?
Nous avons des commissions qui établissent des décisions d’aptitude de travail et les dossiers des concernés sont transmis aux instances compétentes. C’est tout ce que nous pouvons faire pour eux. Nous ne pouvons pas obliger les sociétés à les recruter. Il y a parfois des sociétés qui demandent des dossiers de handicapés pour leur recrutement ce qui fut le cas récemment de la part du groupe Cevital. C’est aux instances de gestion et de suivi de l’emploi et du travail de contrôler l’application de cette loi. Pour ce qui est des différents dispositifs d’insertion à l’emploi des catégories valides, je dois préciser qu’il n y a pas eu de nouveaux programmes depuis l’année dernière durant laquelle nous avons eu droit à 77 postes attribués aux auxiliaires scolaires et 67 pour les encadreurs du mouvement associatif recrutés par le biais de l’ANEM. Il y a deux dispositifs dont l’un concerne l’insertion des diplômés pour lesquels nous attendons un programme dans les prochains jours. Sinon pour ceux de cette année, nous n’avons fait que renouveler leurs contrats conformément aux instructions du Premier ministre. Cela a concerné quelques 3000 jeunes qui sont, pour certains, à leur cinquième ou sixième année. En tout, nous avons des besoins estimés à plus de 13. 000 postes de travail. Faut-il, par ailleurs dire que dans le cadre de l’enfance assistée, des placements judiciaires dont nous attendons que les conflits ou les litiges qui opposent leurs parents soient réglés pour les leur remettre. Pour ce qui concerne les enfants nés sous X, la procédure consiste à attendre l’établissement du procès verbal d’abandon pour faire appel au demandeur suivant sur la liste d’attente établie à cet effet. D’ailleurs, si jamais nous enregistrons, aujourd’hui, un enfant abandonné, il sera fait appel au demandeur suivant dont la date de la demande remonte à 2013. Cela prouve qu’il n’y a presque plus d’enfants abandonnés. Donc, hormis quelques enfants handicapés qui resteront à la charge de l’Etat, nous n’avons aucun enfant abandonné dans notre établissement. Permettez-moi, enfin, de saisir l’occasion pour lancer un appel au mouvement associatif pour une contribution efficace et réelle pour alléger les conditions de vie aux personnes handicapées surtout en matière d’accessibilité vers les écoles et l’emploi pour leur réelle insertion. Il faut aussi donner une importance à leur appareillage, en évitant les retards, pour les assister convenablement. Il y a certains qui reçoivent l’appareillage plusieurs mois après avoir effectué la demande.
Entretien réalisé par A Gana.
