«Le documentaire sert le cinéma…»

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Même si la majorité des films-documentaires réalisés sur Tamazight sont en langue française, rien n’empêche que leur rôle dans la promotion de la culture amazighe est prépondérant, reconnait-on.

Intervenant, avant-hier, dans une conférence ayant pour thème «Quand le documentaire est au service de la promotion de la culture amazighe», M. Salim Aggar, réalisateur, journaliste et critique de cinéma, évoque l’importance des films-documentaires, en général, dans la sauvegarde et la promotion de la culture amazighe : «Même si nous n’avons pas un modèle d’écriture pour le documentaire, force est de constater que cette production s’impose comme un genre cinématographique qui a révolutionné le monde, et que le document défend toujours une cause, une situation», soutient l’orateur, en n’omettant pas de citer «la vérité qui dérange dans le réchauffement climatique, ou la dénonciation ouverte de l’immigration en Europe » véhiculées par ces productions. Abordant le thème du jour, l’intervenant avouera que les premiers documentaires ayant trait à la culture amazighe sont l’œuvre des Français pendant la colonisation. «Plus de 200 documentaires ont été réalisés par les Français. Ils évoquent la culture berbère dans ses différentes facettes que ce soit en kabyle, touareg ou chleuh…», dira M. Aggar. Toujours dans cet aperçu historique, l’orateur soulignera que le cinéma amateur était la première étape dans la réalisation de films-documentaires. «Ce genre de cinéma a l’avantage de la liberté de création, néanmoins, ils butent à des inconvénients de moyens financiers et autres», explique-t-il. Pour mettre en exergue le rôle de la télévision, les salles de cinéma et les DVD dans la promotion de la culture, le conférencier citera quelques productions qui ont marqué de leurs empreintes le monde cinématographique amazigh. Il évoque, entre autres, les films «La colline oubliée», «La montagne de Baya», «Macahu», ou les documentaires «Le voyage kabyle», «Mon nom est lumière», «Le retour à la montagne», «La voix de Matoub»… Pour l’orateur, le document est également un excellent moyen de médiatiser des figures historiques. Il cite, entre autres, les documentaires traitant des parcours de Slimane Azem et Cheikh El Hasnaoui. «Imaginons si ces grands chanteurs sont revenus un jour pour chanter chez nous, comme il a fait Idir après 40 ans d’absence sur scène», se désolera M. Aggar. Par contre, le manque d’aspect technique dans une production restera toujours un handicap pour la transmission du message voulu, selon ce réalisateur.

Six films programmés pour la dernière journée de compétition

Pour le troisième et dernier jour du Festival culturel national du film amazigh (avant-hier, mardi), six films étaient au manu. Il s’agit de deux films-documentaires «Asalay» et «Imeksawen Igenni», trois films court-métrages «Lexsas», «Taɛekkemt n tudert et Human» et, enfin, un film long-métrage «Tudert». Le premier film-documentaire à être présenté avant-hier en début de matinée, est «Asalay», œuvre du réalisateur Djamel Bacha, dans il évoque un collectionneur d’objets d’arts traditionnels, des objets vernaculaires, jarres et autre. À la longue, la maison de ce passionné de l’art traditionnel kabyle est devenue un musée. Une manière à lui de lier la jeune génération à leurs aïeux et de leur transmettre cette culture ancestrale. Dans le sillage du court-métrage, Issam Taachit a présenté son film intitulé «Human». Le film raconte des événements qui se sont déroulés dans un stade de football entre la catégorie d’enfants trisomiques (mongoliens) et un enfant naturel. Pour clore la projection de cette 16e édition du festival culturel national du film amazigh, les organisateurs ont programmé le film long-métrage «Tudert» de Rabah Dichou, qui se résume comme suit : «Les parents d’Ami Rabah, son fils Mohand et leurs petits enfants vivent dans un climat de joie et de bonheur. Un événement changea le parcours de leur vie quand Mohand fait un accident de voiture, en se rendant à son lieu de travail à Béjaïa. La victime est une étudiante qui a contracté de légères blessures. Au fil du temps et avec la complicité de Soussou, sa tante, Mohand demanda sa main au mariage. Cette décision fut rejetée par son père, Ami Rabah. Mais même le père, Ami Rabah, décida de se remarier avec cette tante, laissant leur famille, le fils et son père vivent dans le luxe et la joie». Pour rappel, la cérémonie de clôture du Festival a été organisée, hier mercredi, à 15 h, à la grande salle de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.

Farida El Harani

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