«Plus 14 millions d’indemnités journalières relatives aux arrêts de travail ont été remboursées par la caisse nationale des assurés sociaux (CNAS), en 2017 », a affirmé le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali. S’exprimant hier matin à l’issue du forum de la chaine I de la radio nationale, M. Zemali a attribué ce chiffre, principalement, à la délivrance, par certains médecins, d’arrêts de travail de complaisance. Il affirme que cette situation doit cesser, mettant en garde que « les contrôles vont être de plus en plus rigoureux et que la loi sera appliquée dans toute sa rigueur ». Le ministère, a-t-il dit, compte agir pour récupérer l’argent des faux malades. « Nous allons traîner devant les tribunaux tous ceux qui fourniront de fausses déclarations de maladie », a-t-il avertit. Il a à cet effet annoncé des poursuites judiciaires contre tout médecin délivrant ce genre d’arrêt maladie. En outre, Mourad Zemali dit que la majorité des médecins délivrant des arrêts de travail de complaisance exercent dans le secteur public. Évoquant par ailleurs le déficit de la caisse nationale de retraite, M. Zemali a révélé que celui-ci est de l’ordre de 500 milliards de DA. « En dépit du plan de sauvetage engagé en 2017 par le gouvernement, le déficit de la CNR est toujours de l’ordre de 500 milliards de dinars », a affirmé le ministre du travail. Le plan élaboré par le gouvernement consistait à affecter, dès janvier 2018, quelque 500 milliards de dinars à la CNR pour pouvoir rembourser ses dettes vis-à-vis de la CNAS, ainsi qu’une diversification des ressources de cette caisse. Sur un autre volet, M. Mourad Zamali a tenu à rassurer les syndicats que « la publication de la liste des syndicats actifs en Algérie n’est pas une provocation aux syndicats qui ont appelé à la grève ». Pour lui, il s’agit d’un éclairage afin que les travailleurs sachent quels sont les syndicats qui travaillent dans la légalité et quels sont les «pseudo-organisations» qui «arnaquent les travailleurs en leur subtilisant de l’argent sous forme de cotisations». Selon lui, « l’Algérie compte 102 syndicats, dont 65 incarnent la liberté syndicale consacrée par la constitution du mois de février 2016 ». Il explique à cet effet que son département a constaté les activités de certains groupes se présentant comme des organisations syndicales qui seraient « en infraction » par rapport à la législation du travail et qui ne représentent aucune catégorie socioprofessionnelle. Concernant la nouvelle loi sur le travail qui tarde toujours à voir le jour, le ministre précise qu’elle est liée à la législation du travail et comprend 12 lois, 3 décrets, une décision ministérielle et plus de 770 articles. «L’élaboration de cette nouvelle loi nécessite suffisamment de temps et de consensus de tous les partenaires sociaux », a-t-il indiqué. L. O. CH
