Après plusieurs renvois, le tribunal de Sour El Ghozlane vient d’arrêter la date du 21 mars prochain pour vendre aux enchères les biens de la Sarl El Waâd Essadeq, une société à l’origine d’une escroquerie à grande échelle qui avait défrayé la chronique en 2014.
Le gérant de cette SARL, Moulay Salah, avait été interpellé en novembre 2015 à Alger, alors que plusieurs dizaines de personnes avaient déposé plainte contre lui. Lors des différents procès tenus avant et après son arrestation, le gérant de cette SARL avait écopé de plusieurs peines de prison assorties à des amendes faramineuses en plus du dédommagement des victimes de cette escroquerie. Ainsi, et dans un premier temps, 167 hectares de terrains appartenant à Moulay Salah, des véhicules de tourismes, des utilitaires, des engins de travaux publics constituant le parc roulant de cette société seront mis en enchère. Par ailleurs, des appartements saisis, des immeubles et des maisons seront également inclus dans ces enchères. Selon M. Hamani, résidant à Alger, un des milliers de clients floués par cette SARL. L’attente a été longue, mais l’espoir demeure : «Nous avons recensé plus de 5000 clients de cette SARL qui sont dans l’attente d’être dédommagés. Il y a beaucoup de femmes qui n’ont pas osé porter plainte à cause des difficultés de se déplacer à Sour El Ghozlane ou à Bouira durant les multiples procès. Mais, en tant que collectif, nous attendons avec impatience la liquidation des biens de cet escroc pour être rétablis dans nos droits», indique notre interlocuteur. Des clients qui font par ailleurs état d’une rumeur concernant un riche industriel qui aurait manifesté son intérêt pour l’achat des terrains afin d’y construire un centre commercial ainsi qu’un complexe touristique. Selon des indiscrétions, l’assiette foncière de cette SARL aurait été estimée à plus de 300 milliards de centimes. Une estimation en deçà des espérances des milliers de clients, car il a été fait mention, à maintes reprises lors des différents procès, que les dettes de Moulay Salah s’élèveraient à plus de 2000 milliards de centimes. Pour rappel, en mars 2016, l’indélicat gérant avait été condamné à 6 ans de prison ferme et une amende de 19 milliards de centimes suite à une plainte des impôts, une administration à laquelle il avait échappé en omettant de s’acquitter de ses redevances auprès du Trésor Public.
Hafidh Bessaoudi

