A quand les plaques en tamazight ?

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Bien que tamazight soit sacrée langue nationale et officielle, son usage dans les administrations se limite aux inscriptions aux frontons de la mairie, des lycées ou des collèges qui indiquent «thaghiwant», «thasnawith» ou «aghervaz».

Mais on continue toujours à nous rendre à «la mairie» alors que les enfants scolarisés, qui étudient thamazight, parlent toujours de «CEM» ou de «lycée». Dans une région amazighophone comme Aïn El Hammam, le tamazight n’est usité que dans le langage parlé habituel auquel se sont greffés quelques mots du genre «tanmirt» ou «azul». Ce lexique, «nouveau» pour certains, n’est utilisé qu’entre jeunes. Ceux qui ont «raté le train» ne se donnent pas la peine de changer le langage qu’ils ont parlé depuis des années. Une grande partie des termes qu’ils emploient, viennent du français et, à un degré moindre, de l’arabe. N’allez pas vous adresser à une personne âgée en employant des vocables qui ne figurent pas dans son vocabulaire, elle se sentirait agressée. Hormis quelques administrations telle l’APC et les établissements scolaires dont la façade porte une inscription en tamazight, les autres structures étatiques et privées continuent d’ignorer la langue de Massinissa. Cependant, les plaques de signalisation routière écrites en français et en arabe, ne sont pas encore actualisées. En ville ou dans les villages, les enseignes des magasins sont toutes écrites en français, rarement en arabe, mais jamais en tamazight. Les férus de notre langue se demandent si cette situation est dictée par une quelconque loi ou si elle répond à d’autres considérations. Les indications du genre «restaurant des voyageurs» ou «café des amis», «librairie», sont les seules que le passant peut lire. Faut-il sensibiliser les commerçants ou attendre que des instructions viennent un jour des services de l’état? Ce qui est peu probable. Si les enfants scolarisés apprennent à l’école la langue de leurs ancêtres, ils ne se donnent pas la peine pour autant d’utiliser les termes acquis en classe pour enrichir leur lexique. C’est comme si les leçons dispensées à l’école ne sont apprises que pour avoir de bonnes notes à l’examen.

A.O.T

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