Si les ménagères se plaignent pour le prix du kilo de sucre qui a atteint dans certaines localités soixante-dix dinars, elles ne savent quoi faire devant cette flambée des prix des fruits et légumes. Effectivement, tout le monde constate cette situation anormale. Depuis les premiers jours du mois de Ramadhan de l’an dernier, le marché n’a connu une hausse pareille. Ecoutant les clients parler de cette hausse, cela nous avait poussé à faire une virée au marché central de la ville. Tous les propos entendus ici et là ont été confirmés. Tous les produits ont subi une augmentation remarquable. En voici quelques prix affichés : poivrons à 150 DA, piments à 200 DA, tomate entre 60 et 70 DA, salade à 60 DA, oignons entre 50 et 60 DA. Et la liste est longue. Quant aux fruits, ils sont inaccessibles pour les bourses moyennes. Banane à 100 dinars, pommes entre 100 et 150 dinars et même la mandarine à 70 dinars. En tout cas, peu de personnes continuent encore à se bousculer devant les étals achalandés, même de fruits exotiques. “Nous ne savons pas comment gérer notre minable salaire”, constate un enseignant qui s’affairait à choisir quelques légumes. Et d’ajouter : “Pourtant, à ce moment de l’année, le prix d’un kilo de petits pois verts ne dépassait pas les 20 dinars. Depuis que ce légume est apparu sur les étals, son prix n’a pas connu de baisse. Il est fixé entre 60 et 80 dinars. Même si notre salaire sera doublé, on ne pourra jamais pouvoir entretenir notre petite famille”. Durant notre tournée dans cet espace commercial, il nous a été donné de ne voir que des vieux retraités des caisses françaises se permettre ce qui est devenu aujourd’hui un luxe. Acheter un kilo d’oranges d’un calibre moyen est un sacrifice que doit faire un cadre moyen. Pour les marchands, cette situation est provoquée par le manque de légumes et de fruits dans les marchés de gros. Certains nous ont fait savoir que si les conditions climatiques restaient telles qu’elles sont pour le mois de mars, certains légumes seraient introuvables. Admettre de telles affirmations ne sied jamais avec la politique prônée par les pouvoirs publics qui injectent des enveloppes financières faramineuses en finançant de nombreux projets agricoles. “A quoi servent alors tous ces dispositifs : PNDA, FNRDA et autres ?”, se demandent plus d’un. Si ce n’est pas pour offrir aux consommateurs tous les produits, du moins ceux essentiels en quantité suffisante et à des prix abordables, il ne faudrait donc pas dilapider tant d’argent. Au rythme où vont les choses, les citoyens ont peur de voir l’offre réduite à telle enseigne qu’ils ne pourront même pas acheter un kilo de pommes de terre. En définitive, il est à dire que même si la libération des prix est décidée, il ne faudrait pas que les contrôleurs de la concurrence désertent les lieux sous quelque prétexte soit-il. Dans les autres pays, le prix est fixé selon plusieurs paramètres : qualité, calibre, origine du produit. Or, dans nos marchés, le client est sujet à des arnaques que personne ne dénonce. “A quand un contrôle rigoureux qui répondrait aux normes internationales qui régissent de telles activités ?” telle est la question à laquelle devraient répondre les services concernés.
Amar Ouramdane
