Nous sommes au troisième millénaire et certaines familles algériennes n’ont pas à ce jour le minimum vital pour une vie digne et un quotidien meilleur. A l’image de plusieurs foyers d’Algérie, ceux des Ouadhias ne dérogent pas à cette règle et se trouvent confrontés depuis belle lurette à l’absence de l’électrification, un problème qui complique davantage la vie des citoyens et rend leur quotidien à la limite du supportable. En effet, Aït Abdelmoumène, le plus peuplé des villages de la commune de Tizi N’Tleta, appartenant administrativement à la daïra de Ouadhias, est touché par ce phénomène puisque la zone d’habitation s’étalant de Ighil Ouchag au lieudit Nadhour est sans électricité depuis déjà des années. Les habitants souffrent le martyre, surtout en période hivernale où le besoin en énergie se fait ressentir plus, du fait de l’éloignement de ce douar du centre du village, et le mauvais état de la route y menant. Si les citoyens de ce douar ne sont pas restés les bras croisés et ce, en adressant une multitude de lettres et autres rapports au service concerné (dont l’une nous est parvenue), les responsables concernés n’ont pas quant à eux bougé le petit doigt, selon un habitant touché par cette contrainte. “Les services concernés se sont succédé par le passé à recenser le nombre de foyers, à faire les plans et à nous donner espoir. Cela est resté lettre morte”, s’indigne un citoyen et à un autre d’ajouter : “L’espoir a été de retour chez nous en voyant les services de la DMI (direction des mines et d’industrie) passer, mais notre déception fut encore plus grande en sachant que l’électrification de nos habitations ne fait pas partie des projets à réaliser”. Cependant, les chefs de familles signataires de la dernière lettre adressée au service de la DMI indiquent que cette dernière doit faire les études de réalisation par rapport au nombre de foyers autonomes et non pas celui du nombre d’habitations, allusion faite aux co-habitants. Les rédacteurs du document en question concluent : “Nous avons pendant très longtemps rêvé, car l’électrification rurale faisait (fait) partie du programme du président de la République, mais nous vivons encore coupés du monde. L’ère de la bougie stéarique, des fameux réfrigérateurs à gaz butane de marque Tama et des lampes à gaz n’est pas révolue pour nous, mais nous la ressuscitons”, ironisent-ils. Toutefois, le président de l’Assemblée communale de Tizi N’Tleta nous a fait savoir que toutes les démarches en vue d’inscrire ce projet le plus tôt possible sont déjà faites. “La balle est dans le camp des services de la DMI”, dira-il, et d’ajouter : “J’ai été moi-même reçu par la direction des mines et d’industrie. J’ai eu des garanties pour l’inscription de ce projet pour l’exercice 2006, nous essayons dans le même registre, de débloquer le projet d’électrification du lieudit Ighil Lvour, qui est actuellement à l’arrêt pour cause d’opposition”. Enfin, espérons que cet SOS lancé par les habitants de Nadhour trouvera une oreille chez les responsables concernés, car les textes et lois de la République ne garantissent pas l’égalité entre les citoyens en devoirs mais également en droits !
A. Z.
