Le service civil ne sera pas abrogé tel que réclamé par les médecins résidents qui entament leur troisième mois de bras de fer avec la tutelle. Sa révision n’est cependant pas écartée par le ministère de la Santé qui estime qu’«il est temps de revoir» sa forme actuelle. Avant-hier soir, le ministère de la Santé a diffusé un document de sept pages portant «propositions de réponses du comite intersectoriel à la plate-forme de revendications des résidents en sciences médicales». Cette diffusion publique est justifiée par le ministère pour contrer «la désinformation et l’intox» qui, selon le département de Hasbellaoui, ont «pris des proportions inacceptables», depuis que le document en question a été remis aux concernés, le 4 février dernier. Ainsi, sur la revendication portant abrogation de l’obligation du service civil, les membres du comité «rappellent aux représentants des résidents qu’il s’agit d’une obligation instituée par un dispositif législatif». Une réponse qui sonne le refus clair du ministère de la Santé de supprimer cette étape dans le cycle de la formation des médecins spécialistes. Néanmoins, sa réforme est envisageable en ce sens que «les membres du comité estiment qu’il est temps de revoir la forme actuelle du service civil pour la rendre plus efficace et plus attractive». Parmi les points à réviser, le document cite «une proposition de modulation de la durée du service civil et du zoning». Quant à la revendication relative à l’affectation des spécialistes par groupe de spécialistes homogène, le ministère semble l’avoir satisfait puisqu’il note la pleine adhésion du comité à cette démarche qui «viendra renforcer les missions de la commission nationale», en sus de certains engagements qu’il fait dans le sens de l’amélioration des moyens d’exercice, à l’instar de «la création d’un hôpital de référence doté d’un plateau technique complet». Concernant les revendications inhérentes au logement et au regroupement familial, le MSPRH est resté évasif sans toutefois trancher par une réponse claire, notamment en ce qui concerne le logement pour lequel «le comité a retenu le principe de la disponibilité obligatoire d’un logement équipé décent avant toute décision d’affectation de médecins spécialistes dans le cadre du service civil». Pour ce qui est du regroupement familial, il n’est satisfait que dans le cas où le couple est composé de «médecins affectés dans le cadre du service civil». Les médecins résidents ne verront pas, par contre, l’ouverture du droit au congé annuel à partir du 16e jour tel qu’ils l’ont réclamé, puisque le ministère a tranché sur son «caractère non réglementaire». Les revendications liées à l’avancement dans les échelons, à l’octroi immédiat du diplôme de DEMS et à l’activité lucrative et conventions, le comité intersectoriel renvoi les concernés vers l’application des dispositions réglementaires et législatives déjà en vigueur. Pour ce qui est de la prime d’installation, les membres du comité «rappellent la réglementation en vigueur qui stipule que les fonctionnaires et agents publics exerçant dans les wilayas de Tindouf, Adrar, Tamanrasset et Illizi bénéficient d’une prime d’installation de 20 000 dinars», et rappellent aussi que «le Premier ministre a donné son accord pour l’institution d’une nouvelle prime d’installation qui sera à la charge des collectivités locales». Parmi les revendications insatisfaites par le comité intersectoriel, le document signale celles inhérentes à la promotion dans le grade immédiatement à la fin de la période du service civil, la révision du régime indemnitaire, la signature du contrat entre le médecin spécialiste et son établissement et la mutation pendant le service civil, face auxquelles le ministère oppose la réglementation. Comme il refuse d’accéder à la revendication d’exempt du service militaire que les médecins résidents espèrent obtenir au delà de l’âge de 30 ans, à l’instar des jeunes ayant dépassé ce seuil d’âge même en étant diplômés universitaires dans d’autres filières autres que celles de la médecine. «La question du service militaire relève exclusivement de la compétence du ministère de la Défense nationale» qui ne fait pas partie du comité intersectoriel. En outre, plusieurs autres points revendiqués par les médecins résidents ne sembles pas avoir le quitus positif ou du moins clair de la tutelle, y compris sur celui relatif à la révision du statut des résidents en sciences médicales qui sera, selon la tutelle «faite une fois ce dossier ouvert par le gouvernement au même titre que l’ensemble des corps de la santé», est-il indiqué dans le même document.
M. A. T

