Depuis vendredi dernier, des habitants du village Draâ Sachem ont fermé les accès au centre d'enfouissement technique, situé à proximité de leur village.
C’est une action de protestation initiée par des jeunes de la localité qui estiment avoir été lésés dans de l’attribution des logements sociaux. «Si notre quota n’est pas revu à la hausse, le CET sera fermé pour un durée indéterminée», avertit un des contestataires. Ces derniers estiment que les onze noms figurant sur les listes de 633 logements est en deçà de leurs espérances : «Il y a de nombreux nécessiteux qui n’ont pas été retenus. C’est injuste !», dénonce un membre du comité de village. Du coup, les ordures ménagères commencent à former des dépotoirs à ciel ouvert dans les quartiers, dans les cités et même dans les villages. Il est à signaler aussi que Tizi-Gheniff, une ville voisine, vit la même situation, sachant que le CET en question reçoit aussi les ordures de cette daïra (Tizi-Gheniff et M’Kira), en sus de ceux d’Aït Yahia Moussa, de Frikat et d’Aïn Zaouïa. «C’est incroyable, on ne sait pas à qui s’adresser. Des dizaines de sacs-poubelle, remplis de déchets, sont éventrés et entraînés par les rongeurs, les chiens et les chats jusqu’aux portes des immeubles. Des odeurs fétident commencent à se dégager. Fort heureusement, la pluie a atténué ces miasmes, sinon on ne pourrait plus respirer», se lamentera un habitant de la cité des 64 logements. Pratiquement, tous nos interlocuteurs étaient unanimes à dénoncer cette action : «S’il y a des citoyens qui sont lésés, ils ont le droit de déposer leurs recours. Mais fermer une décharge et condamner les services des APC à ne pas acheminer les déchets vers cet endroit, c’est aussi un dépassement. Nous interpellons les parties en conflit à s’asseoir autour d’une table et discuter de ce problème parce que si cela continue, il y aura un grand risque sur la santé publique», alerte un membre d’un comité du quartier de la ville. Effectivement, avec le retour du beau temps, ces dépotoirs engendreront des conséquences néfastes. «Que la sagesse l’emporte! Il suffit d’être équitable», préconise un autre habitant.
Amar Ouramdane
