Leur nombre augmente d’année en année

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La migration des compétences, plus connue sous le concept de fuite des cerveaux, est toujours d’actualité en Algérie comme dans tout le continent africain qui perd ses enfants au profit des pays asiatiques et de l’Europe. Mais il a été enregistré aussi une émigration afro-africaine, dont le nombre avoisine la vingtaine de millions de personnes qui ont quitté leurs pays pour s’installer dans un autre pays africain. C’est le cas de la cinquantaine de jeunes béjaouis qui se sont établis en Guinée équatoriale, comme l’avait souligné un jeune homme d’affaires, natif de la station balnéaire d’Aokas. Ce dernier a, d’ailleurs, exposé la problématique que pose ce phénomène lors d’un colloque tenu en octobre dernier, au campus d’Aboudaou. Lors de cet événement, il a été fait part du nombre de plus en plus croissant d’Algériens qui font valoir leurs compétences à l’étranger. Sur plus d’une trentaine de millions d’africains, dont la majorité est algérienne qui a émigré de son pays d’origine, 52% se sont installés en Afrique, 36% en Europe et 12% en Amérique. Le phénomène de la fuite des cerveaux a pris de l’ampleur depuis deux décennies. Il a été constaté une augmentation de 90% du taux de migration à partir de l’Afrique vers les pays européens et autres continents. Celle des migrants hautement qualifiés a atteint le taux de 79% et c’est ainsi qu’il a été dénombré une soixantaine de milliers de médecins algériens, y compris ceux nés dans les pays d’accueil, qui se sont installés à l’étranger, dont 27 000 formés en Algérie et ayant fui par la suite. Si les États-Unis d’Amérique n’ont pas enregistré un nombre important d’émigrés algériens, leur nombre est très important dans le pays voisin, le Canada en l’occurrence. Il y a aussi un bon nombre d’entre eux qui se sont installés dans les territoires américains dépendant d’autres pays, comme c’est le cas de la Guyane française où réside depuis quelques années un Béjaoui qui y assume les fonctions de directeur d’un institut universitaire et que nous avons interviewé (voir entretien ci- dessous). L’élite algérienne fuit son pays pour faire les beaux jours des autres nations. Il est temps de mettre tous les moyens à leur disposition pour qu’ils contribuent au développement de leur propre pays.

A. Gana

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