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Payer et… attendre Godot !

Les prétendants à l’achat d’un véhicule neuf sont aujourd’hui mis à rude épreuve. Ils sont (désormais une règle) contraints d’attendre des mois et des mois pour espérer se voir livrer leur véhicule.

Les délais de livraison fixés par la réglementation ne sont presque jamais respectés par les concessionnaires, notamment ces dernières années. Si la loi prévoit un délai de 45 jours pour réceptionner la commande, les clients, eux, doivent faire preuve de beaucoup de patience, car leur attente peut aller de 6 à 8 mois, voire plus dans certains cas. «J’ai formulé ma commande auprès d’un concessionnaire depuis 8 mois et j’ai bien sûr payé les 10% du coût du véhicule. Au départ, le concessionnaire m’a promis de me fournir mon véhicule dans, au plus, 45 jours. Mais ce n’est que de la poudre aux yeux. Cela fait, maintenant, huit mois que j’attends ma voiture qui ne m’a toujours pas été livrée. L’échéance est repoussée de semaine en semaine, de mois en mois… Je patiente, car si je m’en remets à la justice, l’attente peut se prolonger davantage», regrette un client. Un autre prétendant à l’achat d’un véhicule neuf de fabrication algérienne fera le même constat : «J’ai commandé un véhicule de marque «Renault Symbol». J’ai presque payé plus de la moitié du coût du véhicule, mais 8 mois après, je n’ai toujours pas ma voiture. C’est simplement de l’arnaque !», assure-t-il. Côté fournisseurs, il n’est pas question pour eux d’endosser la responsabilité de cette lenteur : «Les procédures portuaires sont draconiennes. Les fournisseurs de véhicules neufs ne jouent pas franc-jeu. Les blocages au niveau des ports, le manque de stock, le non-respect du bon de commande par certains fournisseurs, la diminution des quantités importées et parfois l’augmentation des prix que les acheteurs refusent de payer sont autant de paramètres qui rendent la livraison du véhicule dans les délais réglementaires pratiquement impossible», arguent-ils. Pour connaître les tenants et les aboutissants de cette question, nous avons pris attache avec une source proche de la direction du commerce qui révélera : «À Tizi-Ouzou, nous n’avons pas de véritables concessionnaires, certains disposent d’autorisations, mais ils n’importent pas de véhicules neufs. Ils préfèrent importer de la pièce de rechange. Nous avons environ une trentaine de revendeurs légaux. Le client se présente et fait sa commande. La réglementation exige que le véhicule soit livré dans les 45 jours suivants. Sur le bon de commande, les clauses du contrat sont mentionnées, à savoir le prix définitif, la couleur… Et, bien sûr, le client s’acquitte d’avance de 10% du prix du véhicule». Concernant le respect du délai de 45 jours, notre source a indiqué que «lorsque le fournisseur n’arrive pas à livrer la voiture, il peut s’entendre avec le client, à l’amiable, pour prolonger le délai. Si les deux parties ne se mettent pas d’accord à ce sujet, une requête peut être déposée par le client et, à ce moment-là la direction du commerce intervient pour constater l’infraction. Parfois, elle peut jouer le rôle d’intermédiaire pour amener les deux parties à trouver un terrain d’entente. Dans le cas contraire, un P-V est dressée, et bien sûr transmis, à la justice avec un rapport à la DMI». S’agissant des raisons du non-respect du délai de livraison par le fournisseur, notre source a informé : «Les causes sont nombreuses à présent. Le manque de véhicules, la diminution des quantités importées, les blocages au niveau des ports, l’augmentation de la demande par rapport à l’offre, l’augmentation des taxes et des prix… sont généralement à l’origine de ces retards, parfois excessifs». Rappelons que, par le passé, quelque 80 000 véhicules sont importés par année. Présentement, le nombre est passé à 35 à 40 000 véhicules. À signaler que même le nombre des concessionnaires s’est réduit, tandis que le prix des véhicules a sensiblement augmenté. Le marché des véhicules d’occasion à lui aussi, connu des flambées ahurissantes.

Hocine T.

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