Tala Laïnsar est une mythique fontaine située à la sortie du village Tarihant, sur le chemin menant vers Tizi-Ouzou ou Tigzirt.
Aménagée au bord de la route, elle a longtemps désaltéré les passants. Son apport ne se limitait pas à abreuver les usagers. Elle sauvait aussi nombre de foyers des villages avoisinants, comme Tala Bouzrou, lorsque la sécheresse estivale faisait tarir toutes les autres sources. Mais l’AEP est là Tala Laïnsar est oubliée. Pire, elle est devenue la décharge à ciel ouvert de beaucoup de villageois. Mais des nostalgiques qui se sont longtemps abreuvés au niveau de cette source ont du mal à accepter que ce lieu mythique, qui a sauvé les villageois de la soif, soit devenu si sale. Des amas de sachets noirs s’entassent, en effet, sur l’esplanade bétonnée de la fontaine. Des quantités énormes de bouteilles vides de boissons alcoolisées sont jetées aux alentours. La pauvre fontaine est entourée d’une vaste décharge sauvage, comme si elle n’a jamais été un lieu poétique d’une propreté luisante. Pourtant, les efforts des jeunes de l’association Garoura du village Tarihant ne manquent pas. Sporadiquement, des volontariats sont organisés pour nettoyer les lieux et la route adjacente. Mais, suffit-il de quelques actions de nettoyage pour venir à bout de cette pollution, lorsqu’on sait que les bars clandestins pullulent dans les alentours ? Sans se soucier de l’environnement, des buveurs indélicats jettent toutes les bouteilles là où ils les ont consommées. Un manque de civisme flagrant est en train de causer d’énormes dégâts. En fait, de nos jours, un grand nombre de fontaines sont à l’abandon. Celles qui, autrefois, embellissent les abords de nos routes, ont presque toutes disparu, défigurées par des décharges sauvages qui mettent à mal l’environnement et enlaidissent le paysage. Certaines ont été anéanties et détruites par des ouvriers en charge d’élargir ou réhabiliter le réseau routier. D’autres ont simplement tari sous l’effet de la sécheresse. C’est le cas de nombreuses fontaines situées jadis sur les abords de la RN72, reliant Tizi-Ouzou au littoral. La disparition de ces fontaines porte un coup dur au paysage des montagnes de Kabylie, voire à l’identité kabyle tout court, puisque ces sites ancestraux font partie intégrante du décor et de la beauté de la région. Beaucoup pensent, aujourd’hui, que leur restauration est une nécessité vitale. Mais si dans plusieurs communes, beaucoup de fontaines ont été réaménagées et refaites, ce n’est pas le cas du côté du littoral, où les autorités semblent avoir d’autres chats à fouetter.
Akli. N

