Draâ El-Mizan Cité des 90 logements – Les résidents interpellent l'APC

S'il est vrai que des quotas de logements sociaux ont été attribués à Draâ El-Mizan ces dernières années, il n'en demeure pas moins qu’un grand nombre n’a pas été doté des commodités de base.

Il ne suffit que de faire une virée à la Zhun, ou ce qu’on appelle la «Nouvelle-ville», pour constater la réalité du terrain. Des accès ne sont pas encore bitumés. D’ailleurs, les acquéreurs de ces logements n’ont pas cessé d’interpeller les autorités à ce sujet, en vain. Cependant, ce qui pénalise au plus haut point les résidents, c’est le non raccordement de leurs habitations au gaz naturel. «Nous avons sollicité, à maintes reprises, aussi bien les responsables de l’APC que le chef de daïra. Mais, six ans après, nous n’avons toujours pas de gaz naturel. Pourtant, les conduites sont passées en bas de nos immeubles. On est balancés entre l’APC et l’OPGI», déclare un résident de la cité des 60 logements. Et de poursuivre: «En plus de nos immeubles, il y a aussi à côté trente autres logements qui ne sont pas encore alimentés en cette énergie». Dernièrement, confie le même interlocuteur, une entreprise a été désignée pour réaliser les raccordements. Mais elle a abandonné le chantier au bout de quelques jours seulement, sans achever l’opération. «On croit savoir qu’elle n’a pas été payée. C’est pourquoi elle n’a pas pu terminer les travaux. Vraiment, nous ne savons pas à qui s’adresser. Nous craignons de passer un autre hiver dans le froid. En plus de son coût excessif, le gaz butane est indisponible». En contrebas de cette cité, ce sont les logements squattés durant les événements douloureux du printemps noir qui offrent un décor désolant. «Nous sommes ici depuis maintenant dix-sept ans. Rien n’a changé pour nous. Notre quotidien se dégrade de jour en jour. Nous n’avons ni gaz ni électricité. Ne voyez-vous pas ces câbles qui s’enchevêtrent sur nos têtes?!», s’écrie un «résident». Et de continuer: «Même si nous avons squatté, il faudrait que les pouvoirs publics se penchent sur notre cas. Ont-ils raison de nous pénaliser de la sorte? Nos enfants sont tous malades. Certains présentent déjà des rhumatismes. Ce n’est pas normal. Tout d’abord, il faut doter ces logements de gaz et d’électricité et puis, faire évacuer les familles qui ne méritent pas ces logements, après des enquêtes poussées. Sinon, nous laisser dans cette situation relève d’une fuite en avant et d’un laxisme total». En outre, il est à noter que l’environnement dans ce conglomérat de logements éparpillés ici et là est pour le moins infect. Partout, des décharges sauvages pullulent et les conduites d’assainissement se déversent dans les locaux du rez-de-chaussée, d’où se dégagent des odeurs nauséabondes et des nuées de moustiques prolifèrent, même en hiver, mettant à mal les habitants.

Amar Ouramdane