Tizi-Gheniff – Installation d’un imam à la mosquée Tazekrit

À l’approche du mois de Ramadhan, des comités religieux se hâtent à solliciter la direction des affaires religieuses et des waqfs, pour affecter des imams aux mosquées n’ayant pas de prêcheurs. C’était le cas à la mosquée Tazekrit, sur les hauteurs de la ville. Et suite aux démarches des membres du comité, un imam vient d’y être affecté. «Il a été installé vendredi dernier. Il est venu de Chlef. Je crois que le comité est finalement satisfait après une attente de plus de sept ans. Devant les fidèles, j’ai instruit ce responsable de la mosquée à prêcher la foi, la sérénité et la tolérance dans ce village. En tout cas, les fidèles étaient très contents de cette nomination, d’autant plus qu’elle est arrivée au bon moment. C’est-à-dire à un mois du Ramadhan», confiera M. Ali Naïli, en sa qualité de coordinateur des imams des daïras de Boghni, Draâ El-Mizan et Tizi-Gheniff. Dans son appel, ce représentant des affaires religieuses a insisté sur l’apport qu’apporte l’imam dans la société, notamment en ces temps où des courants extrémistes agissent impunément ici et là. «Lorsque l’imam est nommé par la direction, on ne craint rien. D’ailleurs, aucune mosquée ne peut fonctionner avec un imam non autorisé par la direction. On ne doit pas offrir des tribunes d’expression à tout-venant», a-t-il souligné. Par ailleurs, ce coordinateur a ajouté que de nombreuses mosquées ne sont pas encadrées par des imams à ce jour. Rien que dans la daïra de Tizi-Gheniff, l’on dénombre plusieurs mosquées où n’officie aucun prêcheur, comme celles des villages d’Ibadissen, Ouled Messaoud et de bien d’autres. M. Ali Naïli a souhaité qu’à l’avenir, les Kabyles envoient leurs enfants pour se former dans les sciences islamiques, dans les zaouïas et autres instituts spécialisés dans la formation des imams, car les imams d’expression amazighe se font de plus en plus rares : «Nous avons peu d’imams qui officient en Tamazight. C’est un point très essentiel. Les populations doivent avoir droit à écouter des prêches en Tamazight parce que nombreux sont ceux qui ne comprennent l’arabe», a-t-il jugé. «Je vous avoue sincèrement que le message ne passe pas lorsque les prêches sont faits en arabe classique. Nous avions un imam kabyle avec lequel nous avions beaucoup appris. Depuis son départ, on se sent dépaysés», a déclaré un fidèle du village de la commune d’Aït Yahia Moussa.

A. O.