Par Anouar Rouchi
– Bonjour Monsieur le chef du gouvernement. La direction et la rédaction du « Midi à 14 heures » vous remercie d’avoir accepté cette interview. – C’est la moindre des choses. – Avec votre permission et pour ne pas abuser de votre temps, j’irai droit au but et commencerai par une question crue. La vox populi compare l’Alliance présidentielle à un pantalon de clochard : on a beau le rapiécer, il se déchire de toutes parts… Qu’en dites-vous ?- Je ne comprend vraiment pas ce qui peut faire dire ça… L’Alliance est toujours en place et se porte plutôt bien. – Vous admettrez quand-même, Monsieur le chef du gouvernement, qu’en matière d’alliance on peut imaginer mieux. Le socle de cette alliance est censé être le programme du président de la République. Il se trouve toutefois qu’en dehors du RND que vous présidez, les deux autres partenaires ont systématiquement critiqué et parfois même combattu la plupart des initiatives présidentielles. Dans le meilleur des cas, ils ont tenté d’en dénaturer le sens. – Cela a été vrai dans certains cas, mais ce n’est pas pour autant qu’on peut affirmer l’éclatement de l’Alliance. Vous savez, nos partenaires ont leur vision de la politique et une idée de sa pratique que je ne me sens ni le droit ni le pouvoir de changer. En la matière, chacun assume son comportement, ses déclarations et ses actes. – Nous arrivons néanmoins à des situations où votre autorité de chef de gouvernement est clairement remise en cause par des ministres de votre gouvernement… – Cela est sans conséquence et ne m’ébranle en rien. Il faut savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire. – Mais Monsieur le chef du gouvernement, avouez que la contestation va crescendo et que tout récemment encore, un membre de votre gouvernement demandait rien moins que votre démission. – C’est tout à fait vrai. Mais il faut préciser que ce ministre est également chef de parti et que des échéances électorales importantes approchent. De toute manière, je lui ai répondu. Est-il possible de savoir ce que vous lui avez dit ?- Je lui ai tout simplement demandé de me citer l’exemple d’une seule démocratie au monde où l’on change de gouvernement à la veille d’élections. Bien entendu, il en a été incapable. – Parce que vous considérez sérieusement que l’Algérie est une démocratie ?- Oui. Avec ses spécificités. – La fraude électorale fait-elle partie de ces spécificités ?- Il n’y a jamais eu de fraude électorale. Il a pu y avoir ici et là des aménagements destinés à garantir la stabilité et l’harmonie des institutions. Le gouvernement n’est que l’instrument par lequel se font ces aménagements. – Bref, vous considérez que le comportement de votre ministre est acceptable. – En tout cas, il est sans conséquence. – Une dernière question Monsieur le chef du gouvernement : « Au moment où les islamistes sont sur tous les fronts, ceux qui se font appeler « démocrates » sont totalement absents. Qu’en pensez-vous ? »- (Rires appuyés… ). Sans doute ont-ils été séduit par la stratégie de Sharon !- Ce qui veut dire ?- Ils pensent peut-être que la meilleure façon de gagner des élections est de tomber dans le coma. Ah ! Ah ! Ah !
A. R.