Commémoration des Printemps berbère et noir – Tidjounane et Takrietz au rendez-vous

La commémoration du double anniversaire du Printemps berbère et noir semble ancrée dans la mémoire collective. Celle-ci se matérialise par un foisonnement d’activités concoctées par plusieurs associations. S’inscrivant dans l’esprit du combat amazigh, des associations à l’image d’Azaghar du village Tidjounane ont célébré, comme dans toutes les autres régions de la Kabylie, le 38e anniversaire du Printemps berbère d’avril 1980 et le 17e anniversaire du Printemps noir 2001. Tout le mouvement associatif s’est mis de la partie dans l’unique objectif de marquer cette journée mémorable de la meilleure des manières. Ainsi, les membres dudit mouvement associatif ont concocté un programme d’activités riche et varié. L’enceinte de l’école primaire Chaibi Abdelaziz, sise au cœur de la mechta, a abrité une exposition de photos et un fonds documentaire ainsi que des articles de journaux. Deux figures de taille du combat identitaire, en l’occurrence Mokrane Aggoune et Nacer Boutrid ont animé une conférence sous le thème «Mémoire et actualité du combat amazigh». Aussi, un gala artistique a été organisé dans la soirée de samedi passé, animé par une pléthore d’artistes à l’image de Mourad Bellagh, Faouzi Saidi, la chorale Inasliyen ainsi que les groupes Iglan, Azaghar et Tenalt et Tamda, deux groupes marocains. Contrairement aux années précédentes où la célébration du Printemps berbère a été folklorisée, dans le sens où les initiateurs et organisateurs se contentaient de galas artistiques, cette année, l’association Jeunes de Takrietz a repris le flambeau et banni les anciennes méthodes de célébration de cette date symbolique qui est le 20 avril pour en faire un hommage par des activités culturelles ayant trait à l’amazighité. Ainsi, ladite association a marqué le double anniversaire du Printemps berbère et noir par un riche programme dont le contenu a été axé sur un hommage au défunt Aouchiche Mustapha, natif de Takrietz, qui est l’un des pionniers du combat identitaire amazigh. C’est donc l’école primaire du village éponyme qui a abrité une exposition relatant l’important parcours des acteurs de la revendication identitaire depuis avril 80, ainsi que le parcours de Musatpha Aouchiche, enrichi par les témoignages de ses amis de route et de combat. Des conférences-débats ont aussi été au programme. Brahim Tazaghart a animé une rencontre sous le thème «Tamazight, défi d’avenir» et Tarik Djerroud a axé son intervention sur «Tamazight, de la décadence à la renaissance». Des activités théâtrales, des chants et une chorale ont égaillé l’assistance, tout au long des deux journées de festivités. Une statue à l’effigie du défunt Aouchiche a, en outre, été inaugurée. «Ce dont je suis sûr, c’est qu’on a réussi en l’espace de quelques jours à fédérer les villageois autour de l’hommage rendu à l’un des fils du village, ayant vécu et est mort pour la cause amazigh. Je sais également que nous avons franchi un pas de géant dans le long processus de révision de l’Histoire qui vise à rendre à César ce qui est à César. Je veux dire par là une vraie relecture des évènements pour que les petites gens ayant lutté pour une grande cause soient reconnues comme les véritables instigateurs de la lutte démocratique en Algérie», dira Aissa, membre de l’association Azaghar.

Bachir Djaider