Université de Bouira – Ils dénoncent l’insécurité – Grève des enseignants et des fonctionnaires

Les enseignants, les fonctionnaires et les travailleurs de l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira ont lancé, hier mardi, un mouvement de grève de trois jours, à l’appel des sections syndicales locales SNEU, UGTA et CNES. Cette décision a été adoptée lors d’une assemblée générale des enseignants et des fonctionnaires, tenue avant-hier au niveau de la faculté des sciences économiques. Les enseignants grévistes réclament l’application de mesures « concrètes et sévères » ainsi que l’intervention des autorités locales de la wilaya de Bouira pour mettre un terme au fléau d’insécurité qui prévaut au sein de cette université, et ce, en plus de la suspension de l’ensemble des organisations estudiantines qui exercent, selon eux, d’une manière illégale. Les enseignants grévistes réclament également l’exclusion définitive des 12 étudiants reconnus coupables dans la séquestration et l’agression du doyen de la faculté des sciences économiques au mois de mars dernier. Pour ces derniers, la suspension de deux années retenue par le conseil de discipline de la faculté est « insignifiante et insuffisante » face à la gravité de l’acte commis par ces étudiants. Les grévistes ont aussi réclamé l’envoi d’une commission d’enquête ministérielle pour révéler les véritables raisons derrière la multiplication des actes d’agressions au sein de l’enceinte universitaire, et ce, en plus de l’ouverture d’une enquête par les services de sécurité afin d’identifier les auteurs de la grave agression dont a été victime, mercredi dernier, un agent de sécurité au sein du campus principal. L’agent de sécurité en question souffre toujours d’un traumatisme crânien et de troubles de la vue, a-t-on appris. Il se trouve toujours au service de réanimation de l’hôpital de Bouira. En plus de l’arrêt de travail, les fonctionnaires et les enseignants de chaque faculté de l’université de Bouira ont observé des rassemblements « silencieux » devant les administrations des facultés, en brandissant des pancartes où ils dénoncent « l’insécurité et l’impunité ». Dans une déclaration rendue publique hier, les grévistes menacent ouvertement d’entamer une grève ouverte et illimitée dès la semaine prochaine «si l’administration de la faculté et les autorités locales» ne réagissent pas rapidement pour mettre un terme définitivement à l’insécurité et aux actes d’agressions. Pour rappel, pas moins de trois actes d’agressions graves ont été enregistrés à l’université de Bouira, rien que durant les trois premiers mois de l’année en cours.

Oussama K.