Un atelier d’informatique en attente d’exploitation

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“Est-ce que les handicapés n’ont droit d’être cités qu’une journée dans l’année ?”, s’interroge Hamid Ingrachen, en sa qualité de président de l’Association communale des handicapés pour l’insertion par le travail. Effectivement, notre interlocuteur a mille et une raison de s’inquiéter de la situation de cette catégorie ô combien vulnérable. Il suffit de faire un tour au siège de cette association pour mieux voir les problèmes de ces handicapés. “Notre handicap n’est pas peut-être celui auquel nous sommes habitués depuis que nous sommes nés, mais c’est plutôt l’accès à ce bureau que vous voyez”, nous lance notre accompagnateur tout au long de notre visite à ce siège. Certes, les responsables de l’association ont fait beaucoup de sacrifices pour réfectionner les lieux, mais ils ne peuvent rien faire pour remplacer les marches d’escalier qui y mènent. Hamid Ingrachen nous fait visiter le club informatique déjà prêt avec tout le matériel y afférent (9 micro-ordinateurs, des chaises et des bureaux). “Pour cette initiation, nous avons surtout visé les handicapés qui ne se déplacent qu’en fauteuils roulants. Une manière de les aider à sortir de leur désarroi quotidien et de s’initier à l’informatique, un outil qui peut leur permettre une éventuelle insertion. Mais, ils rencontrent un problème énorme, il s’agit de l’accès à cette cave. Pour les handicapés qui se déplacent, ils peuvent d’ores et déjà venir s’initier à cet outil”, ajoute notre interlocuteur. Et d’enchaîner : “Nous avons de tout temps demandé aux autorités de nous donner un autre local, mieux adapté à ces personnes”. Au cours de notre discussion avec le président de l’ACHIT, ce dernier nous a appris que les handicapés attendent le matériel orthopédique (tricycles à moteur, fauteuils roulants, béquilles) promis par le ministre du Travail et de la Solidarité nationale lors de sa visite à Draâ El Mizan en juin de l’an dernier. “Au total, nous avons recensé une trentaine d’APC, en vain”, a-t-il souligné par ailleurs. En revanche, le problème que rencontre la majorité des handicapés est celui de l’acquisition de l’allocation AFS. A ce sujet, tous les handicapés mineurs n’ont pas droit à cette minable pension de 3 000 dinars versée aux personnes dont l’incapacité est de 100%. Les services sociaux des communes n’inscrivent que les personnes majeures après une longue attente. Combien sont-ils à vivre ce blocage ? Ils sont des milliers. D’ailleurs, les associations des handicapés insistent sur une telle décision qui pénalisent aussi bien ces jeunes handicapés âgés de moins de 18 ans que leurs parents. Il y a lieu de souligner que lors de la célébration de la Journée nationale des handicapés, le quatorze mars dernier, le vice-président de ladite association avait remis aux élus et notamment au premier vice-président de l’APC, une plate-forme de revendications où figurent, entre autres, la demande de l’affectation d’un local adéquat et la priorité aux postes de travail pour les handicapés qui présenteraient des qualifications particulières.

Amar Ouramdane

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