Arab, malade de 40 ans, s’est finalement rendu en France où il doit subir une opération chirurgicale qui devrait le libérer du mal qui le ronge depuis plus d’une décennie. Comme rapporté dans nos précédentes éditions, les gens de Tillilit, un village de la commune d’Aïn El Hammam, continue leur mobilisation entamée il y a de longs mois. Après avoir sillonné les routes, les villes et les villages de Kabylie, pour collecter les fonds nécessaires pour payer les soins du jeune villageois, les volontaires ont accompli la mission que leur a confiée l’assemblée générale de la communauté, il y a quelques mois. Il ne restait plus au malade que de traverser l’autre côté de la Méditerranée. Ainsi, après moult tracas qui auraient découragé plus d’un, les habitants de Tillilit ont finalement relevé une partie du défi, consistant à envoyer Arab en France. Ce dernier, accompagné de villageois jusqu’à l’aéroport, est arrivé à destination, il y a une semaine. Il a été accueilli, à sa descente d’avion, par plusieurs émigrés du village, appelés à prendre le relai pour terminer l’action entamée à Tillilit. Comme convenu au début de l’opération de collecte des fonds, les résidents de France se sont proposé à prendre le malade en charge, à tour de rôle, en attendant qu’il subisse l’opération chirurgicale. «Même ceux qui ont quitté le hameau depuis longtemps n’ont pas oublié les valeurs que nous ont léguées nos ancêtres», souligne un citoyen qui salue un tel geste, «rare de nos jours», ajoute-t-il. Rappelons que pour collecter une somme très importante, une cinquantaine de jeunes n’ont pas hésité à braver la pluie et le froid pour aller à la rencontre de bienfaiteurs dans des contrées, parfois très éloignées, où ils ont été «accueillis, à chaque fois, convenablement par la population» qu’ils remercient au passage. Habillés de gilets verts et munis des boîtes en carton, les volontaires quittaient le village de bonne heure et n’y revenaient qu’au crépuscule, parfois plus tard. «Nous ne nous lasserons pas d’œuvrer pour toute noble cause», disaient-ils. Il faut dire que certains villages, à l’image de Tillilit, continuent de perpétrer certaines traditions qui leur permettent de vivre en symbiose avec leurs voisins. Les travaux d’intérêt général, sous forme de «tachemlit» (volontariat), sont souvent programmés, lors des fins de semaine. Les nettoyages de rues, l’aménagement de fontaines ou autres activités sont devenus monnaie courante. Les responsables de la communauté ont réussi à faire adhérer à leurs projets les jeunes générations.
A. O. T.
