Une riche biodiversité à protéger

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Le visiteur qui se promènerait sur les berges de l’oued Sahel dans la partie qui traverse le village Toughza dans la commune de Chorfa, remarquera indubitablement l’existence d’un certain nombre d’espèces d’oiseaux et autres. Ces volatiles sauvages occupent les étangs et les marécages aux roseaux, qui se sont formés à même le lit de cette rivière qui connaît une crue appréciable ces derniers jours. À l’arrivée de la saison printanière, les cigognes ont fait leur apparition dans la région en rappliquant pour nidifier et faire des cigogneaux. Les alentours de ce cours d’eau sont investis par des dizaines de cigognes qui y cherchent la nourriture en happant avec leurs longs becs effilés des daurades, des grenouilles et autres insectes aquatiques qui pullulent dans le Sahel. D’autres échassiers de moindre carrure leur disputent les lieux, notamment les aigrettes blanches qui, elles, ont également élu domicile dans les eaux de cet oued, et ce, depuis des années déjà. Comme elles s’y plaisent, ces oiseaux sont devenus « sédentaires », créant de ce fait avec tous les autres oiseaux une petite réserve naturelle qu’il serait impérative de préserver. Les aigrettes voltigent par-ci et par-là en groupe en se déplaçant d’un endroit à l’autre dans les mêmes eaux du Sahel, donnant ainsi un « tableau artistique » mouvant que seule Dame nature connait le secret de… »la technique de peinture ». Toutefois, il arrive qu’un spécimen « égaré » d’aigrette bleue fait son apparition enrichissant de ce fait la biodiversité de cet endroit magnifique de la localité de Toughza, à quelques centaines de mètres du pont ferroviaire métallique d’où l’on pourrait apprécier de loin le « spectacle » donné par toutes ces espèces de grands oiseaux. Aux côtés de ces échassiers, d’autres oiseaux qui n’étaient pas présents dans ces lieux ont fait leur apparition attirés probablement par le gibier. Nous avons remarqué la présence du vautour percnoptère appelé en kabyle «Isghi». Cet oiseau au plumage blanc avec une bande noire sur les côtés extrêmes de ses deux ailes, lequel se nourrit généralement de cadavres d’animaux, déploie ses longues ailes dans le ciel de la localité et volant parfois en spirale et d’autres fois en faisant « nœuds ». Et magistral tel qu’il est, ce rapace qui fait peur à beaucoup d’animaux comme les rongeurs, les lièvres et autres, émerveillant tous ceux qui le voient voler dans les cieux parfois en rase-motte. Et comme pour narguer l’un des maîtres des cieux, le vautour percnoptère en l’occurrence, des éperviers font de temps à autre leur apparition même si timidement. Les corbeaux ne sont pas en reste, puisqu’ils sont présents en bon nombre dans cette petite réserve naturelle où les conditions de la vie sauvage sont réunies, même s’il est constaté des coins pollués et chargés de déchets ménagers. D’autres espèces d’oiseaux de moindre volume sont aussi observés dans les environs comme les pigeons ramiers (Azidhoudh), les mésanges, les hirondelles, et bien d’autres comme pour compléter la liste de ces oiseaux qui se rassemblent dans cette partie de l’oued Sahel en y végétant tranquillement dans les eaux au milieu des tamaris et autres végétaux. «C’est une réserve naturelle d’une biodiversité appréciable. Elle devrait être protégée de la pollution et de l’homme. En plus des oiseaux, il y a aussi des chacals, des hyènes, des hérissons, des mangoustes et bien d’autres animaux sauvages qu’il faudra coûte que coûte protéger, car ils participent tous à l’équilibre de l’écosystème», dira un habitant de la localité.

Y. Samir

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