Contrairement à l’an dernier, où le climat était favorable à une bonne récolte de cerises, cette année, les amateurs de ce fruit risquent d’être déçus.
En effet, les pluies qui se sont abattues sans discontinuer sur la région ont eu des conséquences néfastes sur «le fruit des anges». La grêle, tombée à plusieurs reprises, a achevé le reste des fruits, épargnés jusque-là par les eaux pluviales. Les cerisiers donnent actuellement une image désolante, au grand dam des paysans qui s’étaient trop vite réjouis lors de la floraison de leurs arbres. Toutes les conditions pour saper la récolte étaient réunies. Tour à tour, la neige, la grêle et la pluie se sont «acharnées» sur les cerises qui commençaient à peine ç pointer le bout de leur nez. Certaines ont pris la couleur marron foncé, signe de pourriture, d’autres présentes des tâches noirâtres et finiront par tomber, à leur tour. Les paysans, qui espéraient tirer, encore cette année, de substantielles rentrées d’argent de la vente de leurs fruits, acceptent avec philosophie cette situation «voulue par Dieu», disent-ils. «Nous ne consommerons que ce que la nature veut bien nous laisser», souligne un homme âgé qui se dit habitué à tirer des millions de centimes de la vente de ses cerises. Ce qu’il ne risque pas de rééditer cette année. Du côté d’Aït Ouabane, dans la commune d’Akbil, un village connu pour ses nombreuses cerisaies, l’on rapporte que «c’est la catastrophe. Les fruits sont tous avariés bien avant leur maturation». «D’ailleurs, dit un villageois, les gardiens chargés d’éloigner les singes de leurs champs, n’y vont plus. Il n’y a plus rien à garder !». Ce genre de situation n’est pas nouveau dans la région. La cerise, connue comme un fruit fragile, ne supporte pas certaines conditions climatiques, surtout la grêle et les pluies abondantes. Pour rappel, le climat de l’année dernière a été favorable à des récoltes abondantes de cerises et de figues et même de poires et de pommes. Les grossistes qui exportent ce fruit, acheté à bas prix, vers les wilayas qui en sont dépourvues remplissaient quotidiennement leurs camions et en tireraient des bénéfices appréciables. «Cette année, on se contentera de chercher quelques grains rescapés pour satisfaire notre gourmandise», notre interlocuteur.
A. O. T.

