Aït Saïd au rendez-vous

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La localité de Mayach Aït Saïd, dans la commune de Mizrana, a organisé le week-end dernier Lwaâda Tabburt N Mhand Ouhand, une pratique ancestrale tenue chaque printemps. Depuis des siècles, les populations de ce grand village choisissent une journée du mois de mai pour aller en masse dans ce lieu situé à quelques centaines de mètres sur les hauteurs du village, pour un grand banquet spécial, fait de couscous aux fèves. Ce met est choisi spécialement pour l’occasion, afin de marquer l’abondance de ce produit agricole (fèves) qui arrive à maturation justement au printemps. Ainsi, chaque famille a apporté un grand plat sur place, pour une dégustation collective. Pour garnir et enrichir les mets, les villageois les font accompagner de lait caillé et d’autres produits du terroir. Durant une bonne journée, la place Tabburt N Mhand Ouhand a vécu au rythme d’une fête empreinte de communion et de fraternité. Tous les villageois, femmes et enfants vieux et jeunes, y ont contribué avec des plats soigneusement concoctés pour l’occasion. Comme le veut la tradition qui met en avant l’importance de l’échange, les villageois se devaient de manger des plats autres que les leurs. A ce jour, à Aït Mayach Aït Saïd, cette offrande est organisée, chaque année, dans la plus grande joie des habitants, heureux de se réunir autour d’un délicieux couscous, mais surtout conscients de la vitalité du rassemblement villageois, tant il fortifie les liens. A souligner que la localité, qui plonge ses racines dans des siècles lointains, a vécu des drames sans commune mesure. En effet, au 19e siècle, Aït Saïd a subi une véritable tragédie, suite à une expédition turque, conduite par Yahia Agha déterminé à sanctionner les populations en raison de leur refus de payer la dime au régime ottoman. Cette région du massif du Mizrana, riche en chênes lièges, a toujours été convoitée par les colonisateurs pour son bois. Mais les populations locales ont toujours combattu pour préserver leurs biens. L’expédition turque a été racontée dans un livre écrit par l’écrivain Lounès Ghezali, titré Le rocher de l’hécatombe.

Akli N.

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