Jamais les superettes, ces nouveaux magasins d’alimentation générale, n’avaient eu autant de succès que ces derniers jours. Avant le carême, comme à ses débuts, la frénésie des achats s’empare des habitants d’Aïn El Hammam. L’on voit les clients slalomer dans les allées du magasin à la recherche d’articles inscrits sur leur longue liste d’achats, préparée avec soin. On se bouscule entre les différents rayons des produits alimentaires où les chalands semblent prêts à tout acheter sans distinction de la qualité ou du prix. «On prend aussi ce fromage», disait une dame à son mari. Dans leur chariot, étaient entassés pêle-mêle, des bouteilles de limonade, des paquets de flan, des olives, des épices et autres. Personne n’oublie les inévitables feuilles de brick. Dans certains foyers, on ne peut pas concevoir un ftour sans chorba au frik et boureks. Les yaourts et autres crèmes desserts prennent également une place de choix chez les consommateurs qui en achètent par dizaines. Les étagères qu’on ne cesse de réapprovisionner se vident à vue d’œil. «C’est à croire que les gens sont dotés d’un solide appétit durant ce mois, plus qu’en temps normal», commente un client. Les chariots entassés habituellement devant l’entrée, ne suffisent plus à satisfaire la demande. On sort alors les paniers gardés en réserve. On les remplit vite et on prend le reste dans les bras. Une caissière qui n’a pas le temps de souffler, confie que le rush dure depuis une semaine. «La ruée a commencé par les détergents et autres produits et objets utilisés pour le nettoyage. En ville, on a déjà commencé à déguster la zelabia deux jours avant le début du Ramadhan. Histoire de se mettre dans l’ambiance. Rien ne rebute les jeûneurs. Ni les pêches à 200 dinars ni les dattes à 600 dinars. Après quinze heures, c’est au tour des boulangers d’être sur la sellette pour satisfaire la demande en brioches, pain et autres kelbellouz. On pense tout de même que l’intensité de cette frénésie ira en baissant, une fois la première décade de Ramadhan passée», pense-t-on.
A. O. T.
