La Crête de Tigzirt, appelée communément Ighil, est un lieu de villégiature très prisé par les citoyens des communes du littoral : Tigzirt, Mizrana, Boudjima et Makouda. Depuis cette route qui surplombe ces communes traversant la wilaya d’Ouest en Est, les paysages sont féeriques. Les week-ends, on y rencontre des familles venues pour des pique-niques. Jadis, les lieux étaient une destination préférée des touristes, qui y observaient une halte avant de prendre la destination des plages du littoral. Ighil, appellation donc des communes des populations locales, pourrait encore constituer une destination touristique viable si les communes dont elle relève se mettent à réfléchir ensemble pour un avenir commun. C’est en tout cas l’avis de beaucoup de personnes rencontrées sur place. Seule la formule d’intercommunalité peut faire revivre ce lieu que les Français appelaient «La crête» pour sa situation sur les hauteurs. Sur place, il y a des lieux qui dominent toute la Kabylie. Le visiteur peut voir la mer et le Djurdjura. Sur place, nous avons rencontré un citoyen qui tente depuis maintenant deux décennies de construire un hôtel touristique sur les hauteurs. Les démarches administratives et les obstacles rencontrés l’empêchent encore de parachever son projet, bien que les travaux aient été lancés. Autre constat lamentable : les lieux de débauche ! Comme la nature a horreur du vide, le lieu a été squatté par des tenanciers de débits de boissons alcoolisées illicites. Il y a quelques années, avant que la lutte des services de sécurité ne s’intensifie, la Crête était un terrain occupé par des bandes spécialisées dans le racket et le vol de véhicules. Au lieu d’en faire un paradis touristique qui pourrait faire vivre des populations, on en a fait un Far West, dont le passage est était danger aussi bien pour les vies que pour les biens. Sur cette route peu fréquentée par les usagers, on ne rencontrait que des ivrognes. Sur ses abords, des parkings se sont formés, tout près des débits de boissons, empêchant toute initiative d’en faire une destination touristique. Mais ces derniers temps, un semblant de prise de conscience commence à se faire sentir. Des habitations ont été érigées sur le long de cette route, oubliée du littoral, empêchant la délinquance de prospérer. L’idée d’une réflexion intercommunale pour développer une activité touristique sur place est formulée par les jeunes habitants. Pour peu que les élus s’y mettent ou, tout au moins, à y penser, espèrent-ils.
Akli N.
