La saison qui vient de s’écouler restera, sans doute, gravée dans la mémoire des supporters de l’US Oued Amizour, sachant que leur club fétiche vient de «consommer» sa relégation en division Inter-régions.
A Amizour, l’on n’arrive toujours pas à admettre que l’un des plus prestigieux clubs de la vallée de la Soummam ait quitté ce palier, en signant, contre toute attente, sa descente aux enfers. La formation d’Amizour a payé cash les chamboulements tous azimuts effectués durant l’intersaison, tant au niveau du staff technique que du groupe. L’une des tares qui ont fait que la relégation était prévisible. C’est triste pour les «Amizourois», mais c’est la réalité. Les résultats négatifs se sont accumulés dès l’entame de la saison. Et pour preuve : l’équipe se morfondait dans la derrière marche du tableau et n’arrivait pas à sortir la tête de l’eau, après une série de revers à domicile.
Le départ des meilleurs éléments
La faillite n’était pas loin, car la fragilité du groupe a été constatée au niveau de la gestion du club, d’une part, et de l’instabilité du staff technique, d’autre part, puisque ce ne sont pas moins de cinq entraîneurs qui ont eu à driver les gars d’Amizour cette saison. Cela dit, aucune solution n’a été trouvée après le départ des cadres de l’équipe durant l’intersaison, en raison du manque de moyens financiers. Ainsi, la principale cause de la débâcle de l’équipe chère au président Omar Oumbiche est, essentiellement, le départ des cadres de l’équipe, dix au total, au talent avéré, qui constituaient l’ossature de la formation. Il faut dire que c’est grâce à eux que l’équipe a réussi à faire bonne figure lors de l’exercice 2016/20217, en tenant la dragée haute au ténors de ce groupe, à l’exemple du RCK, l’US Béni Douala, la JSD, l’IBL, le WRM, pour ne citer que ceux-ci. Pourquoi n’a-t-on pas fait le nécessaire pour les retenir ou, à la rigueur, procéder à un recrutement judicieux ? Certains n’hésitaient pas à montrer du doigt l’équipe dirigeante pour le recrutement opéré, jugé médiocre. Une situation qui s’est compliquée davantage en l’absence de sponsors depuis le départ de Hyundai. La mauvaise préparation de l’équipe durant l’intersaison et le recrutement effectué, très contesté parmi les fans du club, ont influé négativement sur le rendement du groupe, qui a bouclé son exercice footballistique avec un bilan catastrophique. A cause de l’absence de sponsors, le président Omar Oumbiche s’est retrouvé dans l’embarras face à la grave crise financière ayant secoué le club, outre l’instabilité de la barre technique, sans omettre le manque d’expérience de l’effectif.
Le sauvetage était pourtant possible
L’équipe donnait pourtant l’impression de savoir réagir. En battant l’ES Ben Aknoun, le NRB Réghaïa, IB Lakhdaria, le CRB Dar Beida le CR Beni Thour, la formation unioniste disposait de plus d’une chance de rebondir, car la phase retour n’était qu’à ses débuts et la décantation n’était pas encore faite par rapport aux équipes du bas du tableau. Seulement, la formation d’Amizour a eu toutes peines du monde à suivre le rythme imposé par des formations avec de meilleures dispositions. Et pourtant, il ne manquait que quelques bons résultats pour amorcer la dernière ligne du maintien. La voie était toute tracée pour y parvenir. Des opportunités inouïes se sont présentées aux camarades d’Akrour pour sauver la saison. Il suffisait de battre, sur leur terrain, une équipe du WR M’Sila qui a réussi à arracher le nul aux ultimes minutes, après qu’Amizour a raté un penalty.
Le recrutement remis en cause
La principale cause de la débâcle du club est, essentiellement, le départ de certains cadres, qui constituaient l’ossature de l’équipe, sachant que c’est grâce à eux que l’équipe a réussi à jouer les premiers rôles lors de l’exercice précédent. Durant l’intersaison, les dirigeants n’ont pas fait un choix judicieux, en optant pour un recrutement de joueurs dont les limites étaient criantes. Le recrutement est donc pointé du doigt par les supporters, qui n’ont pas approuvé l’enrôlement de certains joueurs aux qualités médiocres, d’après eux. Tout un chacun admet la nécessité de se mettre au diapason des besoins de chaque palier. Mais contre toute attente, les responsables ont jugé qu’il n’était pas utile de procéder à un recrutement soigné, qui aurait eu pour but de renforcer leur formation, faute de moyens. L’équipe, qui ne reposait pas sur un matelas financier, s’est retrouvée d’une saison à l’autre fauchée et ne pouvait garder ces cadres. Un argument que brandissent les dirigeants pour justifier le départ de ces éléments. Cependant, cette argumentation n’a guère atténué la colère des supporters, qui ne pardonnent pas aux responsables d’avoir laissé les choses se détériorer jusqu’à la relégation. Le recrutement reste, donc, le point noir des dirigeants qui n’ont pas fait de grandes affaires à l’intersaison. Hormis quelques éléments qui ont droit à des circonstances atténuantes, les autres n’ont convaincu personne.
Un manque de finances pénalisant
Naturellement, la situation financière du club, qui s’est davantage compliquée en l’absence de sponsors depuis le départ de Hyundai, a influé négativement sur le rendement de l’équipe. Ainsi, les mauvais résultats et les tensions s’accumulaient, puisque les joueurs n’ont pas été payés. Ce qui a poussé certains à boycotter les entraînements à maintes reprises. Le manque du nerf de guère a causé des cassures, qui ont fini par faire couler le navire. Ainsi, il faut avouer que la cause principale de cette rétrogradation est la crise financière des plus aiguës qui a frappé de plein fouet cette équipe d’Amizour, ce qui s’est répercuté sur le moral des joueurs, qui attendent à ce jour, d’ailleurs, toujours leur dû. C’est dire que c’est très difficile de gérer une situation pareille à un moment crucial de la compétition. Le mécontentement des camarades de Souama avait atteint son sommet, menaçant de paralysie l’équipe. Et c’est pour cette raison que les responsables du club ont interpellé les pouvoirs publics. D’ailleurs, le président du club, Omar Oumbiche, avait déjà tiré la sonnette d’alarme, en annonçant que le club pourrait voir sa situation s’aggraver et que son salut réside dans sa prise en charge, notamment par les autorités locales et les industriels de la région. Malheureusement, les caisses du club demeuraient désespérément vides, sachant que les subventions attendues de l’APC et de la DJS tardaient à venir. Le président Omar Oumbiche n’a, donc, pas pu trouver les fonds nécessaires pour régler les salaires des joueurs et du staff technique. Les supporters sont unanimes à penser que les Rouge et Noir ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes dans la mesure où «personne ne s’est soucié de l’avenir de l’équipe, ni des conséquences engendrées par une telle situation».
Tristesse et amertume à Amizour
On dit souvent que les regrets ne servent à rien et qu’il faut tout simplement se remettre en question et retenir les leçons. Les observateurs, techniciens et supporteurs les plus avertis constatent qu’après avoir nourri de grands espoirs après son accession en 2007, l’USOA a totalement sombré cette en raison de la crise financière. Le président du club, Omar Oumbiche, tiraillé de toutes parts, a déclaré être seul à gérer le club et à faire face aux problèmes. Toujours est-il que c’est malheureux pour le troisième club de la wilaya de Béjaïa, au palmarès riche et glorieux, de subir une relégation, qui est au centre de toutes les discussions. Les commentaires vont bon train dans les cafés, les places publiques de toute la wilaya. Les nostalgiques de l’USOA diront que le football a des règles que l’on doit obligatoirement respecter. La formation et la gestion sont les clés de toute réussite. En tout cas, la chute de l’USOA est amèrement acceptée par des milliers de sportifs de la région et d’ailleurs : «De mes souvenirs lointains en tant que fan de l’USOA, je ne me rappelle pas avoir que l’équipe ait vécu une telle situation. C’est dramatique. Nous avons vécu une bien mauvaise saison. On a été largement médiocre au niveau du jeu et l’état d’esprit revanchard n’y était pas. Je suis triste. On n’a pas disposé d’un effectif à la hauteur d’un club prestigieux comme le nôtre. C’est ce que nous aurons à méditer dans les jours qui viennent. Rester en inter-régions est bien sûr extrêmement embêtant, mais il nous faut penser à reconstruire notre équipe. Ce sera difficile et je suis pessimiste», maugrée un fervent supporter du club . Quoi qu’il en soit, aujourd’hui tout le monde s’accorde à dire qu’il y a urgence dans la maison des Rouge et Noir de la vallée, après une saison chaotique ponctuée par une relégation en inter-régions. Les Unionistes n’ont pas eu le visage de la saison 2016/2017 lors de laquelle ils ont été donnés comme l’un des favoris à l’accession en Ligue 2. C’est bien sûr la tristesse qui est de mise. A présent, ils sont appelés à tirer les leçons de cette expérience. L’USOA aura surtout besoin de ses forces vives et de ses fidèles pour espérer un retour rapide en DNA. Il faut cependant positiver et repartir du bon pied la saison prochaine. L’heure doit être à la mobilisation générale et à l’union.
Samy H.

