Les trottoirs squattés par des marchands

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Pour les commerçants de l’informel et même pour certains exerçant légalement, tous les moyens sont permis pour «appâter» les clients, quitte à transgresser les lois régissant l’activité commerciale.

En effet, à travers plusieurs localités de la wilaya de Bouira, dont Kadiria (Ex-Thiers), une commune sise à 33 km à l’Ouest du chef-lieu de la wilaya, des espaces réservés aux piétons sont devenus des points de commerce, depuis que des marchands ont accaparé ce bien public, souvent adjacent à leurs échoppes, pour étaler toutes sortes de marchandises, au vu et au su de tous. Il faut signaler qu’un communiqué de la municipalité de Kadiria, publié durant ce mois de carême, a mis en garde les commerçants, en général, et ceux qui exercent dans la clandestinité contre les manquements aux règles régissant l’activité commerciale, à l’instar du non-respect des conditions d’hygiène et de stockage et de la vente à l’air libre des produits alimentaires de large consommation. Ce même communiqué public reprend, en fait, une correspondance de la wilaya. Dans le dit document, les services de l’APC rappellent sans ambages «l’interdiction formelle de toute vente de denrées alimentaires périssables et sensibles sur les trottoirs, les accotements des routes et les lieux publics, sous peine de saisie et de poursuites judiciaires». Il faut dire que l’occupation des trottoirs est des plus pénalisantes, car elle engendre quotidiennement beaucoup de désagréments aux passants. L’exposition de marchandises à la poussière et au soleil risque également de nuire gravement à la santé des consommateurs. Dans la ville de Kadiria, l’on peut remarquer, devant les boutiques des commerçants, des cageots, des bidons, des caisses en carton, des planches de bois… Des objets placés à même l’asphalte pour faire office de barrières, dans le but d’empêcher tout stationnement de véhicule. Pour certains commerçants interrogés à ce sujet, ce procédé n’est qu’un prolongement de leurs commerces. Cette pratique, pourtant illégale, est devenue par la force des choses ordinaire. Il arrive que des policiers fassent des descentes pour rappeler à l’ordre les commerçants en infraction, mais force est de constater que leurs interventions demeurent insuffisantes, au regard du nombre des commerçants de l’informel et autres occupant les lieux publics à ce jour. En somme, cette «appropriation» de l’espace public est devenue un réflexe pour de nombreux marchands à la quête du gain facile.

Aziz C.

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