VALLÉE DU SAHEL Internet, lecture, courses… – En attendant l'Adhan !

Les heures sont longues pour le jeûneur. Pour s’occuper l’esprit, chacun a sa façon de faire pour «tuer» le temps et oublier la faim et la soif. Observer le jeûne pendant 16 heures, comme il est le cas pour ce Ramadhan, demande beaucoup de patience. Une tournée dans les localités situées dans la région de la vallée du Sahel a permis de constater, dans la matinée de dimanche dernier, des rues désertes et des commerces fermés, pour la plupart. A Ath Mansour, Ahnif, M’Chedallah comme à Chorfa, les rues ne s’animent qu’à partir de l’après-midi lors duquel l’on enregistre de véritables rushs sur les étals des fruits et légumes et les commerces de l’alimentation générale. Avec la chaleur qui sévit ces derniers jours, entrecoupée d’orages pluvieux, les citoyens ne s’aventurent pas trop dehors, si ce n’est que par nécessité. Le rythme de vie devient lent et les jeûneurs tentent de passer le temps comme ils le peuvent. Dans les rues et les places publiques, l’on s’adonne à la lecture de journaux. Assis à l’ombre d’arbres d’alignement ou sur des bancs, des citoyens lisent leurs quotidiens préférés. «Chaque jour, je m’achète deux quotidiens que je lis avec intérêt. La lecture me permet de m’informer tout en passant le temps. Pour moi, c’est le meilleur moyen de patienter en attendant l’Adhan. Bien évidemment, je ne passe pas la journée à lire. Je fais des va-et-vient entre la maison et les commerces pour m’approvisionner en victuailles et en tout ce dont a besoin ma famille. Etant à la retraite, je consacre mon temps à la lecture, aux sorties et au jardinage. Le jeûne je le supporte bien», dit un septuagénaire rencontré au jardin de la ville de M’Chedallah. Chez les buralistes, on ne chôme pas depuis le début de ce mois de carême, car les journaux, quotidiens comme hebdomadaires, se vendent comme des petits pains. «J’en achète (les journaux, ndlr) pour cocher et faire des mots croisés», dit, pour sa part, un cruciverbiste. Les jeunes, quant à eux, préfèrent passer leur temps en surfant sur le net. Les cybercafés sont, d’ailleurs, pris d’assaut durant le mois de Ramadhan, et le temps passe «vite» pour les internautes. «Je me connecte chaque jour au Web, et croyez-moi, je ne vois pas le temps filer. Je tchatche, je gère mon compte Facebook», dit un trentenaire d’Ahnif. Quoi qu’il en soit, les jeûneurs trouvent toujours un moyen de passer le temps et oublier la faim et la soif.

Y. S.