Quelque 200 000 élèves abandonnent annuellement l’école pour diverses raisons. Mustapha Khiati, président de la Fondation nationale pour la protection de la santé et le développement de la recherche (FOREM) attribue ce chiffre alarmant aux dangers potentiels, notamment l’usage déviant des réseaux sociaux par les jeunes et de la cybercriminalité qui prend de l’ampleur. Une situation qu’il explique par l’oisiveté d’un grand nombre de la population juvénile en déperdition scolaire. S’exprimant, jeudi dernier, sur les ondes de la chaine III de la radio nationale, le Pr Mustapha Khiati reconnait qu’il existe de nombreuses lois visant la protection de l’enfance en Algérie. Mais il constate qu’elles ne sont, paradoxalement, que très peu ou pas du tout appliquées. Il cite l’exemple du phénomène de la mendicité, où des individus utilisent des enfants pour susciter l’empathie chez les passants. Il dénonce le fait que «cette terrible situation n’émeuve personne». Il impute cette situation à un défaut d’application permanente du mécanisme de la loi, qu’il compare à du «laxisme, à cause duquel l’enfant en situation de maltraitance n’est pas pris en charge». Il rappelle dans ce cadre que l’enfant est le «maillon faible de la société et qu’il reste exposé à beaucoup de risques, notamment à la consommation de drogues». Une situation, signale-t-il, que «nous avons dénoncé depuis une quinzaine d’années». Il observe à ce propos que l’application du 3e plan quatriennal de lutte contre ce phénomène «se fait toujours attendre». Face, par ailleurs, aux risques que font courir les narcotiques à la population juvénile en particulier, l’intervenant estime qu’il faut toujours «maximiser» ces derniers en prévoyant que «le pire [pourrait] survenir». Évoquant en outre l’autorité nationale de protection de l’enfance, créée en 2015, et qui devrait être présente dans toutes les wilayas, M. Khiati se demande ce «que peut faire cette dernière alors qu’elle est à ses début et ne dispose pas de moyens».
L.O.CH
