Les boulangers de la vallée de la Soummam ruent dans les brancards. Ils sont nombreux à confier qu’ils ont du… pain sur la planche. Leur inquiétude est déclinée sur tous les tons. A les entendre, leur métier est voué à la disparition. «Nous n’avons jamais cessé de faire des concessions, au détriment de nos marges bénéficiaires. Aujourd’hui, nous lançons un cri de détresse, car notre métier est voué à de sombres lendemains», peste un boulanger d’El-Kseur, qui se déclare proche du dépôt de bilan. «N’était l’activité de viennoiserie qui nous permet de sauver la face, nous n’aurions jamais pu tenir le coup», confesse-t-il. Des informations recoupées font état de la cessation d’activité de nombreuses boulangeries à travers la Soummam, tandis que d’autres professionnels se sont vu contraindre de troquer leur raison sociale contre une autre moins risquée. Pout cet artisan boulanger de Tazmalt, l’équation est toute simple : «Le prix officiel subventionné de la baguette ne reflète aucunement son prix réel. Il est temps de se rendre à l’évidence et voir les choses en face», souligne-t-il. Les boulangers se plaignent d’être «étranglés» par la hausse des charges, liées notamment aux intrants, au coût de la main-d’œuvre et autres factures énergétiques. Ils revendiquent un réajustement des prix, pour sauver leur gagne-pain. «Il est urgent de déterminer le prix de revient du pain, afin de fixer un tarif de vente au consommateur», préconise un boulanger de Seddouk. La recherche d’un équilibre qui préserve le pouvoir d’achat du citoyen, tout en sauvegardant l’intérêt de la profession, est réclamée. «Nous sommes solidaires des couches laborieuses de la population et conscients du pouvoir d’achat érodé de ces petites gens. Néanmoins, il faut garder à l’esprit que la pérennité de notre métier est sérieusement en danger», dispose un boulanger d’Akbou. Nos interlocuteurs menacent de réinvestir le terrain de la protestation et d’adhérer «sans réserve» à l’action que compte organiser, après la fête de l’Aïd, la Fédération nationale des boulangers. «Devant l’inflexibilité des pouvoirs publics, notre recours ultime reste la grève générale. Nous jouons notre survie», tonne un artisan. boulanger.
N Maouche.
