Les orages qui ont caractérisé le printemps de cette année continuent de gronder presque chaque après-midi à travers la région du Sahel. Les agriculteurs assistent désarmais aux déchaînements des éléments naturels qui commencent à provoquer des dégâts sur les récoltes. Ainsi, la moisson est en partie perdue. Les agriculteurs n’ont pas eu le temps de botteler le foin, l’engranger et le mettre à l’abri de la pluie. Dans certains cas, des agriculteurs qui voulaient attendre la stabilité du climat et le retour des jours ensoleillés ont vu leur récolte perdre les grains nutritifs après avoir dépassé la période de maturité et qu’elle ait complètement séché. Ceux des paysans qui ont déjà fauché leur champ en début du mois de mai ont constaté que l’herbe a repoussé, en raison des fortes averses de pluie et des températures qui sont toujours fraîches. Si ces perturbations continueront jusqu’à la mi-juin, les agriculteurs devront procéder à un deuxième fauchage du foin qui arrivera à maturité. Cette situation n’a jamais été constatée dans la région, de l’aveu même des personnes du troisième âge. Ceux qui sont le plus dans la tourmente sont les éleveurs d’ovins. En effet, ces derniers voient filer la période de la tonte des moutons. Eux qui n’ont pas encore entamé cette opération de peur de voir les bêtes prendre froid et contracter des maladies endémiques telles que la grippe, la bronchite ou la tuberculose. D’autres cultures comme les céréales ou l’arboriculture en ont aussi pâtis de ces pluies diluviens et orages à répétition. Car la grêle qui a accompagné ces orages a causé des dommages, notamment sur les oliviers et les cerisiers. Certains agriculteurs prédisent donc des rendements médiocres.
Oulaid Soualah
