Des citoyens de la localité d’Ait-Anane relevant de la commune de Darguina, ont procédé depuis mercredi passé, à la fermeture à la circulation de la RN9 pour réclamer la libération immédiate de deux des leurs, incarcérés mardi dernier. Ils posent comme préalable à toute négociation, la révision de leur procès dans l’immédiat, et ne veulent discuter qu’avec le procureur général. Ainsi donc, une grande majorité des citoyens de la localité d’Ait-Anane résidant aux abords de la RN9, entre les chefs-lieux des communes de Souk-El-Tenine et Darguina, se sont mobilisés tôt la matinée de mercredi, pour barricader la RN9 avec des objets hétéroclites, empêchant ainsi toute circulation dans les deux sens. Rencontrés sur place, ils affirment que leur action ne prendra fin qu’une fois leur revendication satisfaite. Ils soutiennent que leur action, quoique pénalisant les usagers en ce mois sacré du Ramadan, est légitime. D’après eux, ils ne font que s’insurger contre la «Hogra», et défendre la dignité et l’honneur de leur localité et de ses citoyens. D’après leur version, les faits remontent au mois de février passé, quand un citoyen d’Aokas, le dénommé S. Allaoua, s’est déplacé sur les lieux, venu au secours de sa sœur mariée à un cousin des deux détenus. Intervenant suite à un différend familial, S. Allaoua est entré à l’intérieur du domicile des prévenus. Une bagarre s’en est suivie entre lui et M. Azzedine, à l’issue de laquelle, des blessures ont été occasionnées aux deux belligérants. S. Allaoua resta, dans le coma, quatre jours, suite à un coup à la tête, asséné par M. Azzedine. Le 05 avril passé, suite à une comparution devant le tribunal de Kherrata, à l’issue de laquelle ils furent incarcérés, M. Azzedine et son frère mineur M. Badredine ont été condamnés à des peines d’emprisonnement fermes de dix-huit mois et à des amendes de 100 000 DA chacun. Leur mère a été condamnée, quant à elle, à six mois d’emprisonnement avec sursis et 100 000 DA d’amende. Un verdict qui a «indigné» les villageois qui crient à «l’injustice». Pour le premier jour, mercredi, la route a été rouverte dans la soirée pour permettre aux gens de passage de rentrer chez eux rompre le jeune à temps. Mais depuis, les contestataires ont décidé de maintenir la route fermée nuit et jour. Cela au grand dam des usagers contraints de passer via Tizi n’berber et Kefrida, ou via Tamridjt, pour contourner le lieu de la coupure par ces routes de montagne escarpées, étroites et dangereuses de jour comme de nuit, surtout pour les non habitués en ces jours de Ramadhan.
Saïd M.
