Bouteflika exhorte les Africains à booster la coopération Sud-Sud

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Contrairement à ses habitudes, le président de la République s’est strictement limité au discours protocolaire, lors de l’ouverture hier de la 10e conférence de la CNUCED organisée cette année sur le négoce et le financement des hydrocarbures en Afrique. Profitant de la présence d’éminentes personnalités, à l’image de Alpha Oumar Konaré, président du l’Union africaine, des représentants de la Commission africaine de l’énergie (AFREC) et des institutions régionales et internationales, le premier magistrat du pays a mis l’accent sur la nécessité suprême de renforcer la coopération Sud-Sud, en perspective de booster les potentialités du Continent noir en matière gazier et pétrolier, seule façon, dira-t-il de se frayer un chemin et trouver une place dans un marché mondial en pleine extension. Emboîtant le pas au président de l’Union africaine qui, à l’ouverture des travaux a déploré le manque d’intérêt des pays africains à se mobiliser autour d’une action intégrante, oubliant le fait que « le changement ressentis récemment sur le secteur pétrolier ne sera pas sans conséquence notamment sur les pays en voie de développement », Abdelaziz Bouteflika a corroboré que « la coopération mutuelle restent en deçà de nos souhait et de nos complémentarités, que se soit dans les échanges intra-africains ou dans la coopération Sud-Sud ».Synthétisant la situation, le Président a indiqué en outre que cet état de fait est nourri par « la modicité de nos moyens et surtout des règles du commerce mondial ». Il est primordial, d’après lui, de s’organiser dans un cadre réglementaire et d’agir sur un front complémentaire pour faire valoir les potentialités existantes en ressources naturelles et en énergie et surtout pour lutter efficacement contre la pauvreté. Ainsi il a exhorté les pays producteurs de gaz et pétrole de relancer le partenariat pour le développement de l’Afrique, initié auparavant dans le cadre du NEPAD et adhérer activement à la Commission africaine de l’énergie en renouvelant les instruments de ratification pour « faire du développement énergétique un vecteur puissant de développement et d’intégration sur notre continent », lancera l’orateur, dans l’espoir d’avoir un écho à son appel. Pour mieux les sensibiliser, ce dernier a présenté l’expérience de l’Algérie acquise dans le cadre de la coopération avec les pays latino-américains et qui a trait à la promotion des projets énergétiques à l’étranger. Revenant à la charge, l’orateur a signifié que globalement la volonté de consolider l’intégration régionale fait défaut.

L’étude de faisabilité du gazoduc transsaharien disponible en juin 2006 Après avoir mis en exergue, le rôle important que joue Sonatrach dans le développement du secteur des hydrocarbure, citant au passage le volume des exportations vers les pays émergeants, estimées à 15 millions de tonnes équivalent pétrole, le premier magistrat du pays a fait savoir que plusieurs projets sont en voie de réalisation. Il a, entre autres, fait savoir que les conclusions de l’étude de faisabilité finale relative au projet du gazoduc transsaharien qui va du Nigeria à la côte algérienne, d’une capacité de 18 à 25 milliards de m3 seront disponibles avant la fin du mois de juin 2006. Pour ce qui est du gazoduc Medgaz qui reliera l’Algérie à l’Espagne et qui est d’une capacité de 10 milliards de m3, Bouteflika informe que la réception du projet est prévue pour 2007, en précisant que « la partie algérienne a obtenu l’accord des autorités espagnoles pour le prochain démarrage des travaux et de la fourniture d’un volume de 4 milliards de m3 de gaz naturel dès 2007 ». A cela s’ajoute le projet du gazoduc Galsi en voie de réalisation, la mise en place des réseaux électriques et gaziers et des supports pour la lutte contre le risque majeur de la pollution marine par les hydrocarbures, terminera l’orateur. Il y a lieu de souligner que la conférence s’étalera jusqu’au 5 du mois en cours.

Wassila Ould Hamouda

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