Un rapport qui contredit les chiffres officiels

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La Ligue nationale de la défense des droits de l’homme (LADDH) a établi un rapport alarmant sur le travail des enfants en Algérie. Le ministre du Travail et de l’emploi et la sécurité sociale, Mourad Zemali, a concédé à plusieurs reprises que la proportion du travail des enfants en Algérie existe mais ne dépasse pas 0,5% par rapport au nombre total de travailleurs. Mais contrairement à ces statistiques officielles, la LADDH avance un chiffre alarmant, «environs 200 000 enfants travaillant en Algérie, dont la plupart sont âgés de moins de 16 ans, l’âge légal pour exercer une activité rémunératrice en Algérie». La LADDH ajoute : «Ce chiffre est souvent revu à la hausse atteignant 600 000 enfants à l’occasion du mois de Ramadhan, et environ 400 000 pendant les vacances scolaires, la saison estivale et la récolte des cultures agricoles». La LADDH indique dans le même rapport que «la plupart d’entre eux sont souvent utilisés comme main-d’œuvre dans les décharges sauvages. Ils sont surtout présents dans les dépotoirs pour récupérer les objets destinés au recyclage, mettant ainsi leur vie en péril pour la somme de 400 DA la journée». La LADDH qualifie la présence «d’enfants derrière les tables de vente de fruits et légumes et de pain dans les marchés ou sur les routes pour soutenir leur famille» de pathétique. Selon la LADDH, les principales causes de ce phénomène, sont notamment la pauvreté, le décès ou l’absence d’un tuteur, les enfants abandonnés, ceux issus d’une famille nombreuse, la dégradation du pouvoir d’achat et du niveau de vie, surtout lorsque le salaire des parents ne couvre pas les besoins de la famille. Nonobstant les efforts déployés par le pays pour lutter contre le travail infantile, l’Algérie étant classé en première catégorie des pays qui ont déployé de grands efforts dans ce sens, notamment auprès des entreprise publique et privée de bâtiment et construction, le travail des enfants est loin d’avoir disparu, a indiqué la LADDH dans un communiqué rendu public. Rappelons toutefois que l’amendement, en 2014, a durci les peines appliquées aux auteurs de violences à l’égard des enfants. La loi prévoit de fermes sanctions à l’encontre de toute personne impliquée dans l’exploitation économique des enfants conformément à l’article 139 qui stipule : «Est puni d’un emprisonnement d’un (1) an à trois (3) ans et d’une amende de 50 000 DA à 100 000 DA, quiconque exploite économiquement un enfant».

L.O.CH

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