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La drogue fait des ravages

La consommation de drogue prend des proportions alarmantes à Saharidj, une commune de montagne située à 10 km du chef-lieu de la daïra de M’chedallah.

Ces dernières années, le phénomène inquiète car il touche aussi bien les jeunes que les mineurs. Il suffit de faire une tournée en fin d’après-midi en périphérie du chef-lieu de la commune pour constater que la drogue inonde les lieux. Les «fumeurs» n’usent même plus d’un minimum de discrétion. Dans les coins isolés des différents quartiers du centre-ville, des jeunes et moins jeunes s’adonnent à la consommation de stupéfiants. Le plus inquiétant est de constater que la plupart des consommateurs sont âgés entre 12 et 20 ans. Ces groupes de jeunes se retrouvent chaque fin de journée en divers lieux autour de Saharidj pour s’adonner à la drogue. Ces jeunes ne prennent même pas la peine d’effacer les traces et laissent sur les lieux des mégots de cigarettes roulées à la main qui ne laissent aucun doute sur leur nature. L’un de ces «fumoirs» est situé à proximité de l’endroit où les services de sécurité ont découvert en 2015 une exploitation de kif traité, mettant la main sur plusieurs dizaines de plants, dont l’exploitant purge encore la peine des 05 ans de prison ferme à laquelle il fut condamné. Par endroits, la vente de la drogue se conjugue à celle de l’alcool, comme en témoignent les traces laissées sur le terrain où cannetes et bouteilles de bière et de vin jonchent le sol. Plusieurs facteurs favorisent ce commerce des plus répressibles, surtout en cette période de l’année où le phénomène tend à s’accroitre. C’est d’abord l’été qui permet aux jeunes de sortir dans la nature pour veiller tard et fuir la chaleur des domiciles. C’est aussi les vacances scolaires où certains ne savent plus quoi faire de leur temps devenant ainsi les proies faciles de ces fléaux, faute de loisirs et de lieux de rencontre où meubler utilement le temps libre. Autorités, parents, société civile et mouvement associatif doivent se mobiliser et s’impliquer aux cotés des services de sécurité pour éradiquer ce fléau ravageur de la classe juvénile et arrêter les dégâts. Saharidj n’est pas la seule commune à être touchée, toute la daïra y est confrontée. C’est une urgence qui interpelle tout le monde car on a tous une part de responsabilité dans la détresse de cette jeunesse qu’il ne faut pas s’empresser de mettre sur le banc des accusés.

Oulaid Soualah

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